Vaucluse : Droit d’amendement, référendum… Le maire de Carpentras fait son grand big bang démocratique

POLITIQUE Le maire divers gauche Serge Andrieu, qui a battu l’extrême droite aux dernières municipales, veut permettre aux citoyens de prendre la parole en dehors des élections

Caroline Delabroy

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Dans un bureau de vote (illustration)
Dans un bureau de vote (illustration) — KONRAD K./SIPA
  • Le maire divers gauche de Carpentras (Vaucluse), Serge Andrieu, promet un « big bang démocratique » avec quatre mesures concrètes de démocratie participative.
  • Un droit d’amendement et un référendum d’initiative citoyenne seront possibles à condition de réunir le nombre d’électeurs suffisants.

A Carpentras, dans le Vaucluse, c’est « le big bang de la démocratie municipale ». Le maire divers gauche Serge Andrieu, qui aux dernières municipales l’a emporté face au Rassemblement national, a le sens de la formule qui tape. Son « big bang » comporte deux mesures phares de contrôle citoyen, qu’il espère voir reprises par d’autres villes. « Pour moi, cela doit être le rôle de tous les maires de France, » lance-t-il. Selon lui, aucune autre ville n’a pris encore ces mesures.

Il y a tout d’abord le « droit d’amendement » des projets de délibération soumis au vote du conseil municipal. Ce droit est ouvert dès la réunion de 380 signatures (soit 2 % des électeurs). « Il y aura un échange, une discussion avec les conseillers municipaux, ils auront la possibilité de retirer, modifier, d’améliorer une délibération », assure Serge Andrieu, qui se dit « prêt à l’entendre ». « On implique les habitants dans le fonctionnement de la commune, en amont du conseil municipal », se réjouit-il.

Référendum d’initiative citoyenne

Autre décision : un référendum d’initiative citoyenne pourra être organisé dès lors qu’un projet réunit 1.900 signatures, soit 10 % de la population électorale. Les deux autres mesures font partie des outils plus classiques de la démocratie locale. Une convention citoyenne de 35 personnes va être ainsi tirée au sort sur les listes électorales, et un budget participatif a été dégagé, d’un montant plutôt important (700.000 euros chaque année).

Côté opposition, RN et LR ont dénoncé un tirage au sort de la convention citoyenne « qui n’avait rien de démocratique ». Porte-parole du collectif citoyen Carpentras en commun, et candidate citoyenne aux dernières municipales, Mina Idir trouve « très intéressant de donner la parole aux habitants ». Mais elle soulève de nombreuses questions. A commencer sur la faisabilité du droit d’amendement quand, dans la pratique, les délibérations arrivent souvent peu de temps avant la tenue du conseil municipal.

« Je trouve l’idée d’un référendum formidable, mais quand on annonce une telle mesure et qu’on a supprimé tous les conseils de quartier, il n’y a pas de relais sur le terrain, tout le monde ne se tient pas informé », avance-t-elle. A l’écouter, il y aurait pourtant des sujets de mobilisation, comme la création d’un centre de santé municipal pour pallier le manque de médecins. Et aussi : « A Carpentras, il n’y a pas de parc, pas de verdure. » Le maire donne, lui, rendez-vous dans quelque mois, pour faire un premier bilan. « Si chaque fois, on a botté en touche pour les amendements, vous pourrez le dire dans six ans aux prochaines élections, mais cela ne sera pas le cas », promet Serge Andrieu.