Coronavirus : Départements en surveillance renforcée, vaccination des plus de 65 ans, nouveaux traitements… Les principales annonces du gouvernement

EPIDEMIE Le Premier ministre Jean Castex a tenu une conférence de presse ce jeudi sur l’évolution de la situation sanitaire

Claire Planchard

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Coronavirus: «20 départements placés sous surveillance» annonce Jean Castex — 20 Minutes

« Agir vite et fort, là où c’est nécessaire ». Après la mise en place cette semaine de mesures de confinement territorialisées dans l’agglomération de Dunkerque et dans les Alpes-Maritimes, le gouvernement prépare le terrain à d’autres restrictions ciblées dans les zones où la circulation du coronavirus est la plus forte.

Lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi, le Premier ministre a annoncé que 20 départements étaient désormais placés en surveillance renforcée : il s’agit de toute l’Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, l’Oise, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou encore l’Eure-et-Loir. « J’ai demandé aux préfets d’engager des concertations avec les élus en vue (…) d’envisager, dans tout ou partie de ces territoires, des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque » cette semaine, a ajouté le Premier ministre, n’excluant pas des mesures complémentaires « en fonction de la situation locale ».

Un point sur les concertations en fin de semaine

Un point sera organisé en fin de semaine prochaine sur ces concertations, et des mesures de restriction seront mises en place « si la situation venait encore à se dégrader », et ce dès le week-end du 6 mars, a précisé le Premier ministre.

Quatre « indicateurs défavorables » ont été scrutés pour distinguer ces départements ; « un niveau d’incidence élevé, autour de 250 cas pour 100.000 habitants, une part de variant supérieur à 50 %, une pression hospitalière proche du seuil critique et, enfin, une circulation virale qui commence à s’accélérer sérieusement », a ajouté le chef du gouvernement.

Selon Jean Castex « être réactif au moindre signe d’envolée de l’épidémie », si besoin avec des mesures « lourdes mais ciblées » est la contrepartie de la stratégie du gouvernement qui a cherché depuis le début de l’année « à se donner tous les moyens d’éviter un confinement » national, dur. « Cette stratégie était la bonne », s’est félicité le Premier ministre, rappelant que « l’économie française ne s’était pas effondrée, que les enfants avaient pu continuer à aller à l’école et que la campagne de vaccination avait pu progresser ». « Un confinement est un levier auquel on ne doit recourir seulement quand on ne peut pas faire autrement », a rappelé Jean Castex.

Dégradation de la situation sanitaire depuis 5 jours

Toutefois, le chef du gouvernement a souligné la dégradation récente de la situation. « Il se passe quelque chose depuis quelques jours chez nous comme chez nos voisins européens », a noté Jean Castex. Après une période de plateau stable, le nombre de contaminations a atteint son plus haut niveau depuis novembre ce mercredi (30.000), puis 25.000 cas ces dernières 24 heures, principalement en raison de la progression rapide du variant britannique, qui représente désormais 50 % des cas positifs en France.

Cette croissance épidémique observée depuis cinq jours, « n’est pas encore celle d’octobre ou de février de l’année dernière », a souligné le Premier ministre pour justifier la décision de mesures territorialisées. Mais elle « ne nous permet pas, à ce jour, d’envisager des mesures de relâchement », a prévenu Jean Castex.

Le chef du gouvernement a fixé un cap « à la fin du printemps », appelant d’ici là les Français à être « vigilants et solidaires » « Nous devons gagner du temps », a martelé le ministre de la Santé et des solidarités Olivier Véran : « Chaque jour que nous gagnons ce sont des personnes âgées vaccinées qui ne risquent pas de développer une forme grave de la maladie et de décéder, ce sont des lits de réanimation qui ne sont pas occupés. Chaque jour que nous gagnons nous rapproche d’une période climatique plus propice au ralentissement de l’épidémie, de nouveaux traitements, mais c’est aussi un jour de moins de fermeture des commerces et d’attestation de sortie ».

« Premiers motifs d’espoir »

Dans ce tableau assez sombre, le Premier ministre a toutefois voulu souligner des « premiers motifs d’espoir » nous permettant d’envisager le retour à la vie normale « dans plusieurs mois ». Notamment sur le front de la vaccination : deux mois après le début de la campagne, « plus du quart des personnes de plus de 75 ans a été vacciné », a rapporté le chef du gouvernement, pour qui les chiffres démontrent que « les effets de la campagne de vaccination commencent à se faire sentir sur nos concitoyens les plus âgés ». « D’ici fin mars, les deux tiers des personnes de plus de 75 ans seront vaccinées », a fixé le Premier ministre. L’étape suivante sera l’ouverture, début avril, de la vaccination aux plus de 65 ans.

Le dépistage s’est par ailleurs « amélioré ». La campagne de tests salivaires devrait monter en puissance pour « atteindre rapidement 300.000 enfants testés par semaine », a annoncé le Premier ministre. Et l’arrivée prochaine de nouveaux traitements prometteurs doit permettre d’éviter les formes les plus graves de la maladie : le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que la France a commandé « des dizaines de milliers de doses d’anticorps monoclonaux d’une génération supérieure », attendus « à la mi-mars ». Ces anticorps de synthèse sont censés épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus.