Coronavirus : A l'hôpital d'Argenteuil, Jean Castex face à la « montée des eaux préoccupante » du virus

EPIDEMIE Le Premier ministre s'est rendu mardi soir dans cet établissement d'Ile-de-France, qui fait partie d'un groupement de cinq hôpitaux entre le sud du Val-d'Oise et le nord des Hauts-de-Seine

20 Minutes avec AFP

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Jean Castex à l'hôpital d'Argenteuil face à la "montée des eaux" du Covid-19 (Archives)
Jean Castex à l'hôpital d'Argenteuil face à la "montée des eaux" du Covid-19 (Archives) — Fred MARVAUX-POOL/SIPA

Jean Castex s’est rendu mardi en début de soirée au centre hospitalier d’Argenteuil (Val-d’Oise), où il a observé la « montée des eaux préoccupante » du Covid-19 à l’occasion d’échanges avec le personnel soignant.

Le chef du gouvernement est arrivé vers 19h15 dans cet établissement qui fait partie d’un groupement de cinq hôpitaux entre le sud du Val-d'Oise et le nord des Hauts-de-Seine, à l’ouest de Paris.

Les flux Covid « augmentent doucement, mais sûrement »

A l’hôpital d’Argenteuil – la troisième ville la plus peuplée d’Ile-de-France –, quelque 70 lits sont consacrés à l’hospitalisation des malades du coronavirus, contre 240 en mars et avril 2020, au plus fort de la première vague.

« Ça augmente doucement, mais sûrement », a répondu Catherine Le Gall, la cheffe des urgences, au Premier ministre qui l’interrogeait sur les flux Covid des derniers jours. « C’est une guerre d’usure », a-t-elle ajouté, en pointant la fatigue des équipes au front depuis un an. « On a plus d’absentéisme. Ça nous inquiète un peu cette marée montante, avec ce taux élevé d’hospitalisation. C’est intense dans la durée », a-t-elle insisté.

« C’est une montée des eaux qui est préoccupante », a abondé le Premier ministre, après avoir navigué dans les coursives du service.

Le directeur de l’établissement favorable au vaccin obligatoire

Le taux d’incidence du Covid-19 a légèrement augmenté en Ile-de-France, avec 277,2 cas pour 100.000 habitants selon des chiffres de l’Agence régionale de santé transmis mardi, contre 269,7 la veille. Au total, 5.055 patients Covid sont hospitalisés dans la région (5.030 la veille), dont 798 en réanimation (782).

Des regains localisés de l’épidémie ont conduit l’exécutif à ordonner lundi des confinements durant le week-end dans les Alpes-Maritimes. D’autres « mesures de freinage », sont attendues à Dunkerque, en concertation avec les élus locaux.

Le directeur de l’établissement, Bertrand Martin, a plaidé pour que l’on rende le vaccin obligatoire, soulignant notamment le faible taux de vaccination (30 %) parmi le personnel soignant, alors que selon lui, le nombre de doses disponibles n’est « pas le sujet ».

« On a beau déployer la vaccination, si les gens ne se font pas vacciner, à commencer par les soignants, cela apporte du trouble », a observé Jean Castex.

« Je comprends qu’il y ait des gens qui hésitent. Mais les autorisations de mise sur le marché, la pharmaco-vigilance, etc. font qu’en France on est extrêmement sourcilleux, et à raison. En mon âme et conscience je vois que toutes les précautions sont prises », a poursuivi le Premier ministre, en relevant que le vaccin restait « la principale arme » face au virus.

Des annonces à venir sur le renforcement du Ségur

Interrogé par un médecin réanimateur sur le renforcement du Ségur de la Santé, qui a notamment apporté une enveloppe de 8,2 milliards d’euros pour la revalorisation des salaires, Jean Castex a précisé que des annonces seraient faites « la semaine prochaine » concernant les investissements promis.

Une enveloppe de 10 milliards d’euros – déjà dévoilée en juillet dernier et comprenant 6,5 milliards de soutien à l’investissement, 2,5 milliards sur cinq ans pour les projets hospitaliers prioritaires et 1,3 milliard sur trois ans pour rattraper le retard sur le numérique – sera ainsi détaillée et répartie par le Premier ministre et le ministre de la Santé Olivier Véran.