Coronavirus en Haute-Savoie : Le gérant d’un Go Sport autorisé par le préfet à ouvrir après 17 jours de grève de la faim

COMMERCE Le préfet de Haute-Savoie permet depuis ce lundi aux magasins rattachés à un centre commercial, et accessibles par l’extérieur, de rouvrir leurs portes

J.Lau. avec AFP
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Photo d'illustration d'une boutique Go Sport en France.
Photo d'illustration d'une boutique Go Sport en France. — Philippe HUGUEN / AFP

« C’est un peu une victoire personnelle, après 17 jours de grève de la faim. » Gérant d’un Go Sport situé dans une galerie marchande de Publier (Haute-Savoie), Pierre Bavoux ne cache pas sa satisfaction ce lundi. Celui-ci va rouvrir sa boutique, situé sur les bords du lac Léman, grâce au communiqué envoyé par le préfet de Haute-Savoie. Il y est indiqué que les magasins rattachés à un centre commercial, fermé administrativement, mais accessibles par l’extérieur, pourront rouvrir dans le département.

Fin janvier, le gouvernement avait décidé de la fermeture administrative des centres commerciaux et commerces non alimentaires de plus de 20.000 m2, pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Depuis 17 jours, Pierre Bavoux menait donc une grève de la faim afin d’obtenir l’ouverture de son commerce, qui se trouve dans cette configuration. « C’est malheureux d’en arriver là », confie le commerçant, qui reconnaît avoir « harcelé » les services du préfet de Haute-Savoie pour obtenir cette décision.

Des magasins des Sables-d’Olonne avaient eu l’autorisation de rouvrir

La préfecture confirme que cette situation personnelle a été prise en compte mais qu’il s’agit avant tout d’une « harmonisation au niveau national ». Pierre Bavoux assure avoir transmis au préfet vendredi un reportage dans lequel des magasins dans des situations similaires aux Sables-d’Olonne (Vendée) avaient eu l’autorisation de rouvrir. Le gérant avait prévu, « quoi qu’il arrive », de stopper sa grève de la faim ce lundi pour raison de santé.

L’homme, qui raconte ne pas avoir quitté son magasin depuis le début de son action, y compris la nuit, a perdu 10 kg en deux semaines. S’il salue cette décision préfectorale, il estime que « le mal est fait ». Car cette fermeture subie s’ajoute à celle des remontées mécaniques, qui le prive d’une bonne partie de sa clientèle liée au ski alpin. « Je ne sais pas comment on va faire pour s’en relever », conclut-il, tout en rappelant que ses concurrents situés en dehors d’une galerie marchande ont pu rester ouverts et donc capter sa clientèle.