Le projet de Cité scolaire internationale à Marseille
Le projet de Cité scolaire internationale à Marseille — BOUYGUES BÂTIMENT SUD-EST

ECOLE

Marseille : La cité scolaire internationale, unique en son genre, verra le jour en 2024

Les architectes Roland Carta et Rudy Ricciotti ont remporté le projet qui verra, réunies dans un même lieu, les classes du CP à la terminale

  • Lancé en 2015, le projet de cité scolaire internationale à Marseille va voir le jour en 2024 dans le quartier Euroméditerranée.
  • Rudy Ricciotti signe là, avec Roland Carta, sa deuxième réalisation à Marseille après le Mucem.
  • Cette école, où seront dispensés des cours en cinq langues en plus du français, sera gratuite et « ouverte à tout élève marseillais qui aura le niveau pour y entrer », a promis le recteur.
  • La finalité est d’attirer l’installation d’entreprises et de nouvelles familles.

La première rentrée est prévue pour 2024. Ce seront alors 420 écoliers, 720 collégiens et 1.050 lycéens qui franchiront pour la toute première fois les portes de la cité scolaire internationale de Marseille, dont l’architecture a été dévoilée mercredi. Elle est signée des architectes Roland Carta et Rudy Ricciotti qui, avec le groupe de BTP Bouygues, ont remporté à l’unanimité du jury ce marché public de 100 millions d’euros.

Première du genre à Marseille, cette cité scolaire internationale enseignera en cinq langues (l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le mandarin et l’arabe) en plus du français, du CP à la terminale. « Il n’y a pas d’autre modèle de ce type qui réunit de la primaire à l’entrée à l’université, c’est unique », se réjouit Bernard Beignier, le recteur de l’académie Aix-Marseille. Et comme la loi pour une école de la confiance le permet désormais, elle sera aussi la première à avoir à sa tête une seule personne pour tous les niveaux. Les salles de classe seront équipées de système de visioconférence. Un partenariat avec les makers du territoire est aussi en projet pour développer un fablab numérique, dont l’usage sera réservé aux élèves de la cité.

« Un message d’attractivité »

« Cette école est un message d’attractivité et de compétitivité que nous adressons aux acteurs économiques », lance Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui a fourni le terrain pour ce projet lancé en 2015, sous l’égide alors de Jean-Claude Gaudin. La région met 49 % du budget sur la table, le département 37 % et la ville de Marseille 14 %. Le groupe concurrent Eiffage a toutefois déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Marseille. Mais Renaud Muselier se veut optimiste : « C’est un recours de mauvais perdant, je n’ai pas d’inquiétude », a-t-il assuré devant un parterre d’officiels.

Au pied de la tour CGM, dans les nouveaux quartiers d’Euroméditerranée, on devrait ainsi retrouver un peu de l’esprit du Mucem avec la résille extérieure imaginée par Rudy Ricciotti, qui sera cette fois en fibres de lin. C’est la seconde fois qu’il construit à Marseille. Et cette école, aussi internationale soit-elle, il l’a voulue à rebours du modèle anglo-saxon. « C’est une école latine, avec une enceinte et un jardin à l’intérieur, à l’abri du mistral et de la castagne solaire. Ce sera un espace protégé, sur le modèle clos du cistercien. »

« Il faudra une vraie mixité »

Fidèle à son habitude, l’architecte n’a pas mâché ses mots, appuyant là où ça (peut) faire mal : « On voit déjà le succès de l’école internationale de Manosque, qui accueille surtout les élèves des ingénieurs savants d’Iter, ce qui pose d’ailleurs problème au rectorat. L’attractivité est si forte que les parents d’élèves du territoire s’y battent pour y faire inscrire les enfants. J’imagine que cela va être pareil à Marseille et que vous allez avoir un gros travail, monsieur le recteur, pour l’ouvrir à tous les Marseillais. »

« Il faudra une vraie mixité, pas seulement des enfants de cadres supérieurs ou de CSP +++, il va falloir se mettre autour la table pour trouver un modus operandi », embraye Pierre-Marie Ganozzi, l’adjoint en charge du plan école et du bâti scolaire à la ville de Marseille, qui précise par ailleurs que « la ville de Marseille est très heureuse de ce projet ».

« Tout élève marseillais qui aura le niveau pour entrer dans cette école y entrera, il y aura des passerelles sinon ce serait contre-productif pour tout le monde », affirme le recteur Bernard Beignier. « Nous y veillerons », ajoute-t-il, précisant « qu’il n’y aura aucun droit supplémentaire ». Autrement dit, la cité scolaire internationale sera gratuite. « La finalité est de faire en sorte que des familles jeunes aient envie de venir à Marseille, ajoute le représentant de l’Etat. Il faut que les Marseillais aient envie aussi de rester à Marseille. Cette cité a été conçue pour tous les élèves du territoire. » Déjà, il songe à ajouter de nouvelles langues, comme le portugais.