Dans un centre de vaccination de Toulouse. Illustration.
Dans un centre de vaccination de Toulouse. Illustration. — F. Scheiber - Sipa

EPIDEMIE

Coronavirus à Toulouse : Et si les effets de la vaccination étaient déjà là ?

Hélène Ménal

C’est encore très subjectif mais alors que le nombre de patients Covid connaît un « plateau » au CHU de Toulouse, le profil en réanimation semble se rajeunir

  • Au CHU de Toulouse, le nombre de patients Covid, connaît un « plateau », y compris en réanimation.
  • Un léger rajeunissement des patients graves suggère que la vaccination des plus âgés produit ses premiers effets.
  • Mais il faut rester prudent et attendre les prochaines tendances, sans relâcher la vigilance sur les gestes barrières.

Le « plateau » est certes « haut » mais il est bel et bien là. Selon Marc Penaud, le directeur du CHU de Toulouse, le nombre de patients Covid dans l’établissement oscille autour de 170 depuis maintenant deux semaines​, quand il avait atteint 190 malades au paroxysme de la première vague. Le « plateau » est aussi valable pour les malades accueillis en soins critiques, autour de 70 depuis quinze jours. Comme depuis le début, ce sont généralement des « hommes âgés, souffrant de comorbidités, diabète ou obésité », indique l’infectiologue Muriel Alvarez.

Mais dans son service de réanimation de Purpan, Béatrice Riu note aussi un rajeunissement des patients. « C’est peut-être conjoncturel, l’échantillon est petit mais la semaine dernière sur 15 patients Covid, 14 avaient moins de 65 ans », et parmi eux des trentenaires ou quadra souffrant d’une importante obésité. Un effet de la vaccination chez les plus de 75 ans ? « La vaccination des plus âgés étant bien entamée, c’est peut-être une explication », avance Muriel Alvarez. « Il est possible aussi que les personnes âgées pas encore vaccinées se protègent mieux et que ce soit une combinaison des deux », suggère le virologue Jacques Izopet.

Moins de demandes d’hospitalisation émanant des Ehpad

L’intuition est la même chez la gériatre Hélène Villars qui suit la situation dans les Ehpad de Haute-Garonne. « Subjectivement, il y a effectivement moins de demandes d’hospitalisation », dit-elle. Même s’il y a encore 25 établissements en situation de cluster, 680 résidents malades et environ 60 décès par semaine, à ce jour les trois quarts des pensionnaires ont reçu une première injection vaccinale.

« On n’est pas encore sortis d’affaire, tempère Jacques Izopet. C’est une course-poursuite. » La circulation du virus et de son variant anglais reste importante en Haute-Garonne Le spécialiste insiste notamment sur la nécessité de poursuivre sur le plan national le criblage génétique des cas positifs. Car la sélection opérée grâce au vaccin peut aussi favoriser l’émergence d’autres variants. Par ailleurs, les soignants du CHU appellent à ne pas relâcher les gestes barrières. En pédiatrie, le nombre d’enfants atteints de gastro-entérite – 10 à 12 par jour – est le même qu’au début de l’année dernière. C’est un signe que le lavage des mains ou le recours au gel hydroalcoolique s’infléchit.