Coronavirus : On a vérifié cette déclaration de Didier Pittet, inventeur du gel hydro-alcoolique, sur la transmission du Covid-19

FAKE OFF L’épidémiologiste a expliqué que « deux tiers des transmissions [du coronavirus] passent par les mains ». Selon l’OMS, le virus se propage « essentiellement par le biais d’un contact étroit avec une personne infectée »

M.Co.

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Emmanuel Macron lors d'un échange avec des étudiants à la Maison des Etudiants de l'Université Paris Saclay, le 21 janvier.
Emmanuel Macron lors d'un échange avec des étudiants à la Maison des Etudiants de l'Université Paris Saclay, le 21 janvier. — Romain GAILLARD/POOL/SIPA
  • Invité de France Inter jeudi matin, l’épidémiologiste Didier Pittet a expliqué que « deux tiers des transmissions [du coronavirus] passent par les mains ».
  • Selon l’OMS, le virus se propage « essentiellement par le biais d’un contact étroit avec une personne infectée ».
  • « Le risque de transmission du SRAS-CoV-2 est augmenté dans des espaces restreints, ventilés de façon inadéquate, à forte densité d’occupants et lorsque la durée d’exposition est prolongée », soulignent des scientifiques québécois.

Comment se transmet le virus du Covid-19 ? Alors que les connaissances sur ce sujet continuent d’évoluer, l’épidémiologiste Didier Pittet a avancé jeudi que « deux tiers des transmissions passent par les mains. » Invité de France Inter, le scientifique, l’un des inventeurs de la formule du gel hydroalcoolique qu’il a donnée à l' OMS, était interrogé sur la possible survenue d’une troisième vague en mars.

Didier Pittet n’a pas précisé s’il pensait à une transmission directe – par des poignées de main par exemple – ou par le contact avec des surfaces contaminées par le virus.

Une déclaration qui a fait réagir d’autres médecins.

FAKE OFF

L’Institut national de santé publique du Québec s'est intéressé en décembre 2020 à la transmission du SARS Cov-2. Après un passage en revue de plusieurs études, dont certaines n’ont pas été relues par des pairs, les auteurs de ce rapport concluent que ce virus « est transmis principalement lors de contacts rapprochés entre les personnes, à moins de 2 mètres de distance, et prolongés durant plus de 15 minutes ».

Les scientifiques québecois soulignent que « le risque de transmission du SARS-CoV-2 est augmenté dans des espaces restreints, ventilés de façon inadéquate, à forte densité d’occupants et lorsque la durée d’exposition est prolongée ».

Une transmission au-delà de deux mètres de distance « pourrait survenir », soulignent les scientifiques. « La distance maximale demeure imprécise, mais il est peu probable que ce soit au-delà de quelques mètres ».

L’OMS parle d’un « contact étroit avec une personne infectée »

Une position proche de celle de l’OMS, qui avait été critiquée l’année dernière pour sa lenteur à reconnaître une transmission par gouttelettes. L’organisation internationale précise, dans une note mise à jour pour la dernière fois en octobre, que le virus se propage « essentiellement par le biais d’un contact étroit avec une personne infectée ».

« Le virus peut se propager lorsque de petites particules liquides sont expulsées par la bouche ou par le nez quand une personne infectée tousse, éternue, parle, chante ou respire profondément, détaille l’organisation internationale. On peut aussi contracter la COVID-19 lorsque le virus entre dans la bouche, le nez ou les yeux, une situation plus probable lorsque les personnes sont en contact direct ou étroit (moins d’un mètre de distance) avec une personne infectée ».

Quid du risque de transmission par une surface sur laquelle se trouve du virus ? L’Institut national de santé publique du Québec se montre prudent. « En conditions de vie réelle, des situations où des surfaces seraient contaminées par des virus en quantité suffisante pour représenter un risque de transmission pourraient être très peu fréquentes », écrivent ces scientifiques. Toutefois, « cette voie de transmission reste plausible à proximité des personnes qui sont contagieuses et le risque pourrait varier selon les pratiques de désinfection, l’hygiène, le respect des mesures sanitaires et la présentation clinique de la personne infectée », nuancent-ils.

Leurs auteurs recommandent donc de continuer à appliquer les gestes barrières : un lavage des mains avec les gestes corrects, le port du masque, l’aération, la distanciation physique et la limitation des contacts.

L’OMS, elle, est plus affirmative sur le risque de transmissions par des surfaces contaminées « On peut […] être infecté par le virus si l’on touche ces surfaces contaminées puis que l’on se touche les yeux, le nez ou la bouche avant de s’être lavé les mains ».