Coronavirus : Face à la détresse psychologique des étudiants, voici les aides qui existent

MA TÊTE ET MOI Parmi les 1,6 million d’étudiants en faculté, un tiers d’entre eux aurait des symptômes dépressifs

Lise Abou Mansour

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«Ma tête et moi» : Le mal-être des étudiants face à la crise sanitaire — 20 Minutes
  • « Ma tête et moi », c'est le programme mensuel de 20 Minutes, consacré à la santé mentale des jeunes.
  • Le but de ce rendez-vous : comprendre certaines pathologies mentales grâce aux témoignages de jeunes concernés et tenter de trouver des solutions pour aller mieux.
  • Dans ce deuxième numéro, on parle de mal-être étudiant et des aides gratuites qui existent pour obtenir une aide psychologique.

Cours à distance, logements exigus, diminution de leur vie sociale, perte de leur job étudiant et donc de leurs ressources financières… Les raisons de déprimer en ce moment pour les étudiantes et étudiants sont nombreuses et l’impact sur leur santé mentale réel.

76 % des jeunes de 18-30 ans ressentent l’impact de la crise sur leur santé mentale, dont près d’un tiers de façon critique, selon l’étude #MoiJeune réalisée en janvier 2021 par 20 Minutes et OpinionWay. 30 % des étudiants ont même eu des pensées suicidaires ou ont songé à se mutiler, selon une étude réalisée en novembre par Ipsos et la Fondation FondaMental.

Pour aider ces étudiantes et étudiants à y voir plus clair parmi les aides proposées, voici les structures, lignes d’écoute et autres associations leur permettant de bénéficier d’une aide psychologique gratuite.

Des services de santé universitaires

Au sein même des facs, des services de santé sont présents. Qu’ils s’agissent de SSU, SUMPPS ou SIUMPPS, tous offrent des consultations médicales, psychologiques et psychiatriques remboursées intégralement, sans avoir à avancer les frais. Les bureaux d’aide psychologique universitaire (BAPU) permettent également aux étudiantes et étudiants, pas forcément en cursus dans une faculté, d’obtenir un soutien psychologique gratuit.

Toutefois, en prenant rendez-vous via ces structures, vous pourrez parfois constater un long délai de prise en charge. Car bon nombre de ces services universitaires sont aujourd’hui saturés. Et la période actuelle n’améliore pas la tendance. Selon un rapport publié par Nightline en novembre 2020, en France, on compte un psychologue universitaire à temps plein pour 30.000 étudiants. Le 14 janvier, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a annoncé que « le nombre de psychologues dans les universités sera doublé ce semestre », passant à un professionnel pour 15.000 étudiants. Mais c’est toujours dix fois moins que les recommandations internationales.

Des structures locales et associatives

Les étudiantes et étudiants ressentant le besoin de consulter rapidement peuvent toujours se rendre dans des établissements qui ne leur sont pas exclusivement réservés, tels que les centres médico-psychologiques (CMP). Des séances gratuites chez le psychologue ou le psychiatre y sont offertes et les personnes en souffrance peuvent y être accueillies en urgence.

En fonction des régions, des Points Accueil et Ecoute Jeune, Maisons des Adolescents, Relais Etudiants Lycéens et autres Espaces santé jeunes permettent également aux personnes en situation de souffrance psychologique de bénéficier d’un soutien psychologique gratuit. Enfin, l’association Apsytude propose des consultations gratuites avec un professionnel pour les élèves des Crous et établissements étant en partenariat avec la structure.

Un « chèque psy »

Les jeunes ayant les moyens peuvent se tourner vers une ou un psychologue privé, non rattaché à l’université. Leurs séances coûtent cher – 60 euros en moyenne – et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Mais face à la montée de la détresse psychologique étudiante, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place au 1er février d’un « chèque psy » pour chaque étudiant ou étudiante qui en ressent le besoin. Cette mesure donne droit à deux ou trois consultations intégralement remboursées. Si cela peut suffire à certains jeunes dont la mélancolie n’est que passagère, deux séances sont insuffisantes pour les autres.

Des lignes d’écoute anonymes et gratuites

Heureusement, de nombreuses structures et associations viennent pallier ce manque. Pour les 700.000 étudiants franciliens, la région Ile-de-France vient de lancer EcouteEtudiants qui donne notamment droit à trois consultations gratuites chez un psychologue. Le site filsantejeunes.com permet à tous les jeunes de 12 à 25 ans d’avoir accès à de nombreuses informations ainsi qu’à une ligne d’écoute gratuite et anonyme tous les jours de 9h à 23h.

Le soir, une autre association prend le relais. Il s’agit de Nightline, un service d’écoute entre étudiants. L’association créée en 2017 a connu un pic d’appel à l’annonce du second confinement. Depuis, trois antennes ont vu le jour, à Lille, Lyon et Saclay. En tout, 150 étudiants bénévoles, formés à l’écoute active pendant deux week-ends, répondent aux appels et aux messages, en français et en anglais, de manière anonyme. Le but : écouter les jeunes sans pour autant leur donner de conseils. Chez Nightline, les deux tiers des « appels » sont en réalité des messages écrits via le chat du site. Car il n’est pas toujours aisé de raconter ses soucis à voix haute.