« Islamo-gauchisme » à l’université : Macron se dit attaché à « l’indépendance des enseignants-chercheurs »

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR La ministre de l’Enseignement supérieur a demandé mardi au CNRS de mener une « étude scientifique » pour définir « ce qui relève de la recherche et du militantisme »

20 Minutes avec AFP

— 

Emmanuel Macron et Frédérique Vidal en 2020.
Emmanuel Macron et Frédérique Vidal en 2020. — AFP

Une manière de mettre fin à la polémique lancée par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal ? Emmanuel Macron a un « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, prenant ainsi ses distances avec l’enquête demandée par Frédérique Vidal sur «l'islamo-gauchisme» à l'université.

Frédérique Vidal a annoncé mardi avoir demandé au CNRS « un bilan de l’ensemble des recherches » qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme. Dimanche soir sur CNews, elle avait pointé l'« islamo-gauchisme » qui, selon elle, « gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable », en citant notamment « les recherches sur le post-colonialisme ». « Dans les universités, il y a des gens qui peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont, ils sont minoritaires (…) pour porter des idées radicales ou pour porter des idées militantes », avait-elle affirmé, en provoquant les critiques des présidents d’université et des réactions sur les réseaux sociaux.

Recentrer le débat sur l’essentiel

Interrogé sur l’appui ou non du président à cette démarche, Gabriel Attal a botté en touche, en répondant : « La priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université ».

L’important est le déploiement de ces mesures sur le terrain et pour Frédérique Vidal, « sa priorité, c’est celle-là », a-t-il insisté. Mardi, la députée Insoumise, Bénédicte Taurine, avait dénoncé « des chasses aux sorcières dignes d’un autre régime » et « une police de la pensée ».