Coronavirus en Bretagne : Des personnes verbalisées lors d'un hommage à un agriculteur breton décédé

COLERE L’horaire du couvre-feu était dépassé et une douzaine de PV ont été dressés

C.A.
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Illustration d'une patrouille de gendarmerie ici aux abords de Rennes.
Illustration d'une patrouille de gendarmerie ici aux abords de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le vendredi 5 février, plusieurs personnes ont été verbalisées par la gendarmerie d’Ille-et-Vilaine alors qu’elles rendaient hommage à un ami décédé, dans la petite commune de Saint-Gonlay.
  • L’histoire a trouvé un écho inattendu grâce à une vidéo diffusée sur YouTube, partagée sur Facebook par l'écrivain Alexandre Jardin.
  • La gendarmerie a tenu « à rétablir les faits » et explique qu’elle a été sollicitée par un tiers « en raison de nuisances générées sur la voie publique par plusieurs dizaines de personnes ».

L’histoire aurait pu rester discrète, si certaines personnalités ne s’en étaient pas emparées. Le vendredi 5 février, plusieurs personnes ont été verbalisées par la gendarmerie d’Ille-et-Vilaine alors qu’elles rendaient hommage à un ami décédé, dans la petite commune de Saint-Gonlay, à quelques kilomètres de Rennes​. Le maire aurait offert un café à la famille du défunt et aux quelques habitants venus lui rendre hommage. Peu après 18 h, la gendarmerie s’est déplacée et plusieurs verbalisations ont été dressées pour non-respect du couvre-feu.

L’histoire a suscité la colère et l’incompréhension de plusieurs personnes présentes. Elle a trouvé un écho inattendu grâce à une vidéo diffusée sur YouTube et au récit de l’écrivain Alexandre Jardin, qui l’a partagée sur Facebook.

Les faits se sont déroulés en fin de journée le 5 février. Plusieurs personnes étaient venues rendre hommage à Marcel, un maraîcher bio de la commune, qui s’était donné la mort quelques jours plus tôt. D’après Alexandre Jardin, l’agriculteur « ne parvenait plus à vendre à sa clientèle, fermée par l’Etat ». L’homme était habitué à venir vendre sa production devant la Barakafé, le bistrot de la petite commune. C’est là qu’un hommage lui a été rendu le 5 février. Le maire de la commune avait ouvert le café afin de proposer un temps de recueil pour la famille. « A aucun moment nous ne sommes rentrés dans le bar, assure le maire, Loïc Boisgerault, interrogé par France Bleu Armorique. Nous sommes restés à l’extérieur pour manger des crêpes et des galettes. Les gens portaient leurs masques. »

La gendarmerie rapporte sa version

Alertée par des témoins, la gendarmerie s’est présentée sur place et aurait verbalisé une douzaine de personnes, dont le maire. Sur sa page Facebook, la gendarmerie a tenu « à rétablir les faits » et explique qu’elle a été sollicitée par un tiers « en raison de nuisances générées sur la voie publique par plusieurs dizaines de personnes ».

Les gendarmes précisent que « certaines consomment de l’alcool et d’autres n’ont pas de masques. Contrairement à ce qui est affirmé sur les réseaux sociaux, le rassemblement ne faisait pas suite aux obsèques, et l’action des gendarmes a toujours été guidée par un souci d’apaisement et une volonté de dialogue. »