Lyon : « 1 cabas pour 1 étudiant », une plateforme d’entraide face à la précarité étudiante

SOLIDARITE Mise en ligne le 8 février, cette plateforme, qui met en lien des parrains et des étudiants afin de leur offrir des courses, va être étendue à toute la France dans quelques semaines

Caroline Girardon

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Un panier de légumes et fruits de saison. (Illustration)
Un panier de légumes et fruits de saison. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Deux Lyonnaises ont lancé, la semaine dernière, la plateforme d’entraide « 1 cabas pour 1 étudiant ».
  • Il s’agit de mettre en relation des volontaires et des étudiants de leur quartier afin de tisser du lien et d’offrir à ces derniers de quoi manger.
  • Plus de 1.000 inscriptions ont été enregistrées. Les fondatrices annoncent qu’elles vont étendre le système dans toute la France d’ici quelques semaines.

Un succès bien au-delà de leurs espérances. Lancée il y a huit jours à Lyon, la plateforme d’entraide «#1cabaspour1étudiant» cartonne. Et les deux fondatrices croulent sous les demandes d’adhésion. « Au point de ne plus avoir le temps de manger », confesse en riant Marion Dolisy Galzy. Plus de mille personnes se sont déjà inscrites sur le site, qui consiste à mettre en lien un « parrain » et un étudiant de son quartier afin de lui remettre régulièrement un panier de commissions. Et de l’aider ainsi à traverser la crise.

« Cela va bien au-delà de ce que l’on imaginait, poursuit Marion Dolisy Galzy. Les demandes affluent même de toute la France ». Cette mère de famille et sa complice Anne Wuattier ont trouvé l’idée « en trois heures ». « On a déjeuné ensemble le 4 février, le lendemain, on commençait à créer le site », poursuit-elle.

Précarité étudiante

« L’idée m’est venue de ma maman. Elle préparait régulièrement des cabas pour les gens en difficulté qui habitaient dans notre quartier. Mes parents avaient aussi régulièrement l’habitude d’accueillir à leur table, le dimanche midi, des étudiants étrangers », raconte Marion qui a ainsi souhaité faire perdurer cet « héritage-là ». La crise actuelle, ayant permis de mettre l’accent sur la précarité étudiante, a été le détonateur. Anne Wuattier, déjà très engagée dans le domaine de la solidarité, a vu cela comme une évidence.

« On s’était rendu compte que les gens avaient envie d’aider. Ils voulaient répondre individuellement à la crise en faisant leur part mais ils ne savaient pas comment procéder. On leur apporte simplement une solution clé en main », explique Marion. Pour l’instant, davantage de parrains ou de marraines se sont manifestés que d’étudiants ou d’étudiantes. C’est le cas de Christelle, une Lyonnaise de 41 ans.

« Ma vision du parrainage c’est aussi d’inviter mon filleul à manger »

« Je me suis rappelé ma période d’études, une période de galère, se remémore cette infirmière anesthésiste. Ma famille ne pouvait pas m’aider financièrement. J’ai dû me débrouiller toute seule. Je travaillais à côté, en veillant sur des personnes âgées. Quelques fois, elles me demandaient de rester avec elles pour manger. C’était une belle entraide. »

« Quand on est étudiant, on n’ose pas forcément demander de l’aide aux autres. Je ne l’ai jamais fait. Parfois, je ravalais ma fierté en acceptant des bons alimentaires », poursuit Christelle, consciente que la période actuelle n’offre « guère de possibilité » aux jeunes de « faire des petits boulots ». L’aide qu’elle proposera ne se limitera pas à un panier de courses offert tous les quinze jours. Ni à un paquet de pâtes. « Ma vision du parrainage c’est aussi d’inviter mon filleul à manger des plats chauds de temps en temps à la maison, d’échanger car on a beaucoup à apprendre des autres ».

Marion Dolisy Galzy n’en demande pas autant. « Pour les paniers, il n’y a aucune règle de fixer, ni de montant minimum établi », précise-t-elle. Pas même de durée d’engagement. Les volontaires débourseront la somme qu’ils voudront au rythme qu’ils désirent. Simplement, l’aide fournie peut également prendre d’autres formes. « Dans le panier, on peut mettre des tickets de bus, des livres scolaires, des romans ou un billet de train pour aller voir ses parents », détaille la cofondatrice de la plateforme, mise en ligne le 8 février, qui devrait être étendue à toute la France « dans quelques semaines ».