Electricité : Des agents de RTE en grève depuis une semaine

MOUVEMENT SOCIAL Les syndicats ont déposé des préavis de grève jusqu’au 12 mars pour la CFDT et au 26 mars pour la CGT

20 Minutes avec AFP

— 

Le centre national des dispatcheurs RTE à Saint-Denis (image d'illustration).
Le centre national des dispatcheurs RTE à Saint-Denis (image d'illustration). — GERARD JULIEN / AFP

Les « dispatcheurs » de RTE, ces agents qui aiguillent l’électricité dans le réseau, sont en grève depuis le 8 février. Ils protestent contre le passage programmé d’ici 2025 de huit à trois centres régionaux.

« Les dispatcheurs sont en grève reconductible contre le projet RTE 2025 remettant en cause la sûreté du système électrique dans un contexte actuellement très tendu », a indiqué dans un communiqué la fédération CGT Mines et Energie.

Des négociations en cours

Selon la direction du gestionnaire du réseau, qui a recensé « 8 % » de grévistes vendredi au sein de la branche Exploitation (environ 800 personnes dont 250 dispatcheurs), « le mouvement n’affecte pas la sécurité d’approvisionnement car ces professions ont obligation d’assurer les tâches essentielles ». « Ce matin, avec 17 agents grévistes sur 32 parmi les dispatcheurs de quart, le taux de grévistes est de 53 % », a précisé à l’AFP Jean-Louis Oumeila, secrétaire CGT du CSE central. « Les opérations programmées de maintenance et les chantiers sont annulés ».

La direction renégocie actuellement et jusqu’à fin mars un accord temps de travail, à la baisse selon les syndicats (équipes travaillant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7), qui ont déposé des préavis de grève jusqu’au 12 mars pour la CFDT et au 26 mars pour la CGT.

« Black-out »

« Le Comité social et économique central de RTE a rendu un avis négatif sur le projet, a expliqué la CGT. Le rapport de l’expertise indépendante fait ressortir les motivations de gains de productivité à l’origine de la réorganisation. »

Citant un contexte électrique complexifié par le développement des énergies renouvelables, les opérations de marchés et les crises climatiques, la CGT assure que « cette réforme pourrait amener à une dégradation de la qualité de conduite des réseaux électriques pouvant aller jusqu’au black-out », et regrette l’absence de prise en compte du « risque pandémique ».

« En cas d’incident généralisé, il y a nécessité de pouvoir répartir la gestion du réseau sur une multiplicité de salles. C’est actuellement le cas », poursuit la FNME-CGT qui se demande ce qu’il adviendrait si un cluster lié au Covid devait par exemple apparaître dans l’une des trois salles qui subsisteront à Saint-Denis, Nantes et Marseille.