Toulouse : Manger local et bio quand on habite dans une cité populaire, c’est (aussi) possible

CONSO Une distribution de produits alimentaires locaux était organisée vendredi dernier aux Izards afin de favoriser les circuits courts, même dans les quartiers populaires

Julie Rimbert

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Des produits achetés et conditionnés en vrac.
Des produits achetés et conditionnés en vrac. — Daina Le Lardic / Isopix/SIPA
  • Pour toucher le plus grand nombre de consommateurs, l'association VRAC Toulouse propose des produits en circuits courts, à moindre prix grâce à des commandes groupées.
  • L’association, qui a débuté les premières distributions en juin 2019, travaille avec 17 fournisseurs de la région.
  • Avec cette initiative soutenue par le Conseil départemental, une centaine de personnes du quartier bénéficie ainsi de produits de qualité.

Même pour les habitants des quartiers prioritaires de Toulouse, il est possible de manger bio et local. C’est le message véhiculé par l’ association VRAC (Vers un réseau d’achat en commun) qui organise toutes les six semaines des distributions de produits en circuits courts dans cinq quartiers de la Ville rose.

Vendredi, une centaine d’habitants des Izards a poussé la porte du centre social de la place Micoulaud pour venir récupérer leurs produits alimentaires, commandés en amont auprès de l’association. Elle propose ainsi des commandes groupées auprès d’agriculteurs avec qui elle travaille.

Près de 500 adhérents

Alex, retraité habitant à la Barrière de Paris, vient régulièrement s’approvisionner ici, grâce à son panier rempli de bocaux vides qui vont lui servir de contenants pour ses produits. « J’ai pris de la farine de blé dur, des amandes, du sucre en poudre, du thé, du café et du shampoing, explique-t-il. C’est moins cher que dans un supermarché classique et de meilleure qualité. Ce que j’apprécie aussi, c’est le côté associatif, qui permet d’échanger avec d’autres personnes ».

L’association VRAC, qui a débuté les premières distributions en juin 2019, travaille avec 17 fournisseurs de la région. Pendant le confinement, elle a vu les demandes d’adhérents augmenter. Aujourd’hui, ils sont près de 500. « La moitié réside dans les quartiers prioritaires mais l’autre moitié vient d’autres quartiers, car le bien manger intéresse tout le monde », explique Cathy Mazoyer-Bongesse, directrice de l’association VRAC Toulouse.

Valorisant pour les agriculteurs

Jonathan Izard, jeune agriculteur de l’exploitation agricole Les Moulins de Perrine située à Auriac-sur-Vendinelle, produit des céréales et les transforme en produits finis comme des pâtes, de la farine… « Il y a une vraie satisfaction de produire dans le Laurageais et de vendre à Toulouse, tout près de chez nous, des produits que nous avons cultivés et transformés, assure ce producteur, installé depuis 2010. C’est plus valorisant car nous voyons le consommateur ».

Les bénévoles de l'association VRAC aident les adhérents lors de la distribution au centre social des Izards à Toulouse.
Les bénévoles de l'association VRAC aident les adhérents lors de la distribution au centre social des Izards à Toulouse. - J.Rimbert

En 2021, VRAC Toulouse bénéficie d’une aide du Conseil départemental de Haute-Garonne de 10.000 euros. Engagé pour soutenir les circuits courts et les agriculteurs de Haute-Garonne, le Conseil départemental veut ainsi montrer que le bien manger est accessible à tous, même aux quartiers prioritaires. « Cela les sensibilise à une autre consommation, plus responsable puisque les bénéficiaires font leur commande, pèsent et se servent lors des distributions, souligne Marie-Claude Farcy, conseillère départementale. C’est un soutien social, une démarche de meilleure qualité alimentaire mais avec une dimension humaine ».

Cette année, l’association VRAC espère embaucher un troisième salarié pour faire face à la demande croissante. Elle envisage d’ouvrir trois nouveaux points de distribution dans des quartiers prioritaires à Colomiers, Blagnac et Cugnaux.