Coronavirus en Moselle : Confinement localisé, vacances anticipées… Quelles mesures prendre face aux variants ?

EPIDEMIE La situation en Moselle est « inquiétante » après la progression exponentielle du nombre de personnes touchées par les variants sud-africain et brésilien. Elus et habitants attendent des mesures de contrôle supplémentaires

Gilles Varela

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Ville de Metz. (archives)
Ville de Metz. (archives) — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • La Moselle constate une très forte progression du variant sud-africain et brésilien du Covid-19.
  • Le ministre de la santé Olivier Véran qui juge la situation « inquiétante » est sur place ce vendredi pour rencontrer les acteurs locaux.
  • Ces derniers, bien que divisés sur les mesures à prendre, veulent en revanche qu’elles soient renforcées. Certains réclament l’avancée d’une semaine des vacances scolaires, l’accélération de la vaccination.

 

Les variants brésilien et sud-africain apprécient le climat mosellan. Cela fait déjà plusieurs semaines que l’on constate, d’après les données régionales communiquées par l’ARS et Santé publique France, que la situation épidémique Covid-19 est moins bonne en Moselle que celles de l’ensemble du reste de la région Grand-Est.

Ce qui inquiète surtout, c’est la progression exponentielle des personnes touchées par les variants sud-africain et brésilien ces quatre derniers jours. Plus de 300 cas alors que déjà 200 cas avaient été identifiés les jours précédents. Jugeant la situation « inquiétante », le ministre de la Santé Olivier Véran a fait le déplacement en Moselle ce vendredi. Il vient évaluer la situation et prendre si nécessaire des mesures de contrôle supplémentaires. « Il faut être prêt à agir si nécessaire dans un territoire qui a déjà payé un lourd tribut à la pandémie de Covid-19. »

Une progression des variants inexpliquée

Plusieurs professionnels de santé et élus locaux demandent des mesures renforcées de contrôles. Mais ceux-ci sont divisés sur les mesures à prendre face à une évolution épidémique des variants qui représentent à présent 35 % des cas contre 4 % à 5 % pour le reste de la France.

Il est toujours difficile de connaître les raisons pour laquelle la Moselle est particulièrement touchée même si certains pointent les brassages de population. La Moselle, frontalière de l’Allemagne et du Luxembourg, proche des Pays-Bas et de la Belgique, étant un axe européen important. Mais les cas « ne peuvent pas tous être reliés à des foyers de contagion groupés [clusters], à des voyages à l’étranger ou à des contacts avec des personnes ayant voyagé, a précisé le ministre, ce qui pourrait indiquer un début de diffusion non maîtrisée de ces variants dans la population.

L’agglomération messine bientôt confinée ?

Sur l’agglomération de Metz, le taux d’incidence pour l’ensemble de la population tourne autour de 380 cas pour 100.000 habitants, soit près du double de la moyenne en France. Une situation préoccupante d’autant plus que le taux d’incidence chez les plus de 65 ans reste également supérieur à la moyenne nationale mais connaît aussi une « très forte progression des cas chez les 10-20 ans » indiquait ce matin encore François Grosdidier, maire de Metz. Une progression contre laquelle il appelait déjà, pour sa commune, à un reconfinement « fort et localisé, qui englobe également les scolaires. »

Des mesures attendues

Toutes les options sont sur la table, expliquait encore le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce vendredi matin. Très attendue, notamment par des parents d’élèves inquiets, l’avancée d’une semaine des vacances scolaires dans le département. Celles-ci devaient normalement commencer le samedi 20 février (Zone B), et non ce samedi 13 février, comme dans la zone C. Le ministre de la Santé devrait également annoncer l’intensification des tests, mais aussi et surtout de la vaccination, une demande forte des élus locaux.