Coronavirus : Situation « inquiétante » en Moselle, alerte Olivier Véran qui se rendra sur place vendredi

PANDEMIE Le ministre de la Santé, Olivier Véran, se rendra en Moselle, ce vendredi, pour évaluer la situation et mener une concertation sur d’éventuelles mesures supplémentaires

Lucie Bras
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Olivier Véran, le 4 février 2021.
Olivier Véran, le 4 février 2021. — Martin BUREAU / AFP

En France, la situation épidémique est « fragile, incertaine mais sous contrôle », a déclaré ce jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran lors d’une conférence de presse. Mais le virus, et surtout ses variants, se développe de manière inégale sur les territoires. La Moselle suscite particulièrement l’inquiétude.

«Nous avons identifié dans ce département de la Moselle plus de 300 cas de mutations évocatrices de variants sud-africains et brésiliens ces quatre derniers jours, et (...) il y avait déjà 200 cas supplémentaires identifiés les jours précédents», a-t-il indiqué jeudi au cours d'une conférence de presse.

Vers un reconfinement local ? 

Il se rendra vendredi dans le département. Objectif: «évaluer la situation, échanger avec l'ensemble des élus du territoire, les acteurs de santé, le préfet, les responsables de l'Agence Régionale de Santé, et mener une concertation afin d'anticiper les réponses qu'il nous faudra trouver collectivement». Interrogé sur BFMTV, le maire (LR) de Metz François Grosdidier s'est prononcé en faveur d'un reconfinement local. Comme on lui demandait s'il y avait urgence à reconfiner la Moselle, l'ancien sénateur a répondu: «Je pense que oui, hélas.»

«Si ça se confirme avec ces centaines de cas et en plus avec ces variants africains, brésiliens sur lesquels le vaccin est manifestement inopérant, oui il faut prendre ces mesures», a-t-il insisté. «Même sur un plan économique, social et moral, il vaut mieux des mesures fortes mais courtes que des mesures qui se prolongent dans le temps mais sont sans effets», a estimé François Grosdidier. Pour Olivier Véran, «il nous faut être prêts à agir évidemment, si la situation devait le nécessiter, afin de protéger la population dans un territoire qui a déjà payé un lourd tribut à la pandémie».

Des craintes sur la vaccination

Les cas en Moselle ne peuvent pas tous être reliés à des foyers de contagion groupés (clusters), à des voyages à l'étranger ou à des contacts avec des personnes ayant voyagé, a précisé le ministre, ce qui pourrait indiquer un début de diffusion non maîtrisée de ces variants dans la population. A l’échelle du pays, 4 à 5 % de variants sud-africain et brésilien ont été mesurés. « Sur 17.000 tests positifs, la proportion de virus qui évoque des mutations qui correspondent aux variants sud-africain et brésilien a augmenté », a déclaré Olivier Véran. « Leur diffusion est très inégale en France. » Cette diffusion, qui peut être maîtrisée en France selon le ministre, est inquiétante car ces variants pourraient provoquer des réinfections du virus, « grâce à une capacité du virus à échapper aux anticorps développés par un malade contaminé par un virus classique ».

De plus, ils seraient moins sensibles face à certains vaccins disponibles.Le variant britannique, lui, « est responsable d’une infection sur 5 à une infection sur 4 en France ». Il représente 20 à 25 % des infections en France désormais. « Chaque semaine que nous gagnons sur ce variant est une semaine de respiration pour le pays. Nous espérons gagner assez de temps pour éviter un confinement », a ajouté Olivier Véran. « Il nous faut aujourd’hui agir pour freiner la diffusion des variants, éviter qu’ils gagnent trop vite du terrain », avait déclaré plus tôt le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon