Haute-Garonne : Les habitants de L'Union vont bientôt pouvoir surveiller en temps réel les ondes de la 5G

POLLUTION Le premier « observatoire des ondes » déployé par une commune verra le jour d’ici cet été à L’Union, au nord-est de Toulouse

Béatrice Colin

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Lors d'un contrôle des ondes électromagnétiques réalisé par la société Exem.
Lors d'un contrôle des ondes électromagnétiques réalisé par la société Exem. — Exem
  • Les antennes relais 5G se déploient sur le territoire français alors que le débat sur les ondes électromagnétiques qu’elles émettent continue à faire débat.
  • La commune de L’Union, au nord est de Toulouse, a décidé de mettre en place un système de mesure de ces ondes électromagnétiques en continu et temps réel.
  • Ce dispositif, mis au point par la société toulousaine Exem, permet aux citoyens d’avoir accès à ces mesures et de surveiller le dépassement des seuils.

Alors que les opérateurs déploient leurs antennes 5G un peu partout, le débat continue à faire rage sur l’impact de cette nouvelle technologie. A défaut d’obtenir un moratoire sur la question, le maire de L'Union, une commune de la métropole toulousaine, a décidé de mettre en place un dispositif de surveillance des ondes électromagnétiques en continu et en temps réel sur un site dédié. Et dont les mesures seront accessibles à l’ensemble des habitants.

« Je ne suis pas contre la 5G, mais j’étais pour attendre le résultat du moratoire. Comme les antennes se déploient quand même sur L’Union sur des terrains privés, nous avons décidé d’apporter une réponse citoyenne. Des capteurs vont être installés sur les candélabres et les citoyens pourront contrôler la pollution électromagnétique », explique Marc Péré (divers-gauche), qui soumettra ce projet à son conseil municipal d’avril prochain.

D’ici l’été prochain, quatre dispositifs de mesure devraient ainsi voir le jour sur l’espace public, suivis de quatre autres proches des établissements scolaires dans un second temps. Un « observatoire des ondes » mis au point par la société toulousaine Exem et déjà expérimenté par L’Agence nationale des fréquences dans plusieurs métropoles françaises.

Ce laboratoire est spécialisé dans le contrôle de l’exposition électromagnétique, en particulier du grand public. Dans chacune des villes où il a déployé son système pilote, trois capteurs ont été installés pour vérifier que les émissions respectaient les seuils réglementaires. « Avec nos capteurs large bande, nous voyons quand une antenne s’allume et si les niveaux bougent ou augmentent. Nous amenons une brique de transparence sur le débat des ondes », argumente son président, Guilhem Astre.

Une réponse objective aux fantasmes

D’ici peu, L’Union sera donc la première ville française à se doter d’un tel observatoire grâce à la souscription d’un abonnement à l’année aux données relevées par les capteurs pour un montant de 10.000 euros. « Nous avons été échaudés par les compteurs Linky. Pour nous il est important de dialoguer et d’expliquer aux citoyens, ce dispositif permet d’avoir des mesures validées, une base objective. Quand on n’a pas de données, on peut dire n’importe quoi, là c’est une réponse à tous les fantasmes », poursuit Marc Péré.

Et si jamais les citoyens venaient à constater le dépassement des seuils réglementaires, les opérateurs seraient immédiatement avertis par les services de la mairie. Histoire que ces mesures ne servent pas juste à observer mais aussi à interférer si nécessaire.