Montpellier : La vitesse sera bientôt limitée à 30 km/h pour « apaiser les quartiers »

ROUTE La mesure entrera en vigueur à partir du mois de juillet prochain

Nicolas Bonzom

— 

Une zone limitée à 30 dans le quartier des Grisettes à Montpellier
Une zone limitée à 30 dans le quartier des Grisettes à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La ville de Montpellier va bientôt limiter la vitesse à 30 km/h maximum. La mesure devrait également être étendue aux autres communes de la métropole.
  • L’objectif est d'« apaiser les quartiers », de lutter contre la violence routière et de permettre aux cyclistes de rouler sur la chaussée à double sens.
  • Pour l’association 40 millions d’automobilistes, c’est « inutile ». « On remplace un 5 par un 3, mais ça ne change rien », déplore Pierre Chasseray, son délégué général.

A Montpellier (Hérault), la vitesse sera bientôt limitée à 30 km/h, dans tous les quartiers de la ville. Toutes les rues, ou presque, seront concernées. Seuls quelques gros axes, qui sont en train d’être définis, seront limités à 50 km/h, comme l’avenue Pierre-Mendès-France, par exemple. Mais « ce sera l’exception », confie Julie Frêche (PS), vice-présidente de la métropole en charge des mobilités.

Aujourd’hui, peu de zones sont encore concernées par cette limitation. Le passage à 30 km/h devrait permettre de lutter contre la violence routière, et d’autoriser la circulation des cyclistes, dans les deux sens, sur la chaussée, poursuit l’élue. Mais cet abaissement général de la vitesse n’est aussi qu’une étape dans une stratégie pour « apaiser les quartiers » et la remise à plat de l’ensemble du plan de circulation, portés par l’équipe de Michaël Delafosse (PS). « Notre priorité, ce sont les piétons, les vélos, et les transports en commun, reprend Manu Reynaud (EELV), en charge du projet Ville à 30 km/h. Mais il ne s’agit pas de chasser la voiture de la ville, il s’agit de la remettre à sa place. »

« On n’arrêtait pas de réclamer une mesure comme celle-là »

A Montpellier, les nouvelles zones à 30 km/h seront mises en place à partir du mois de juillet. C’est très attendu, dans certains quartiers, notamment celui des Cévennes. « C’est très, très bien, se réjouit Rémi Legendre, le président du comité du quartier Cévennes et environs. On n’arrêtait pas de réclamer une mesure comme celle-là. Notamment dans le secteur de la rue Louis-Ravas, ou dans la descente, près de l’église Saint-Esprit, certains roulent comme des dingues. Ça va vraiment apaiser le quartier. »

Cette règle sera étendue, aussi, dans les autres communes de la métropole, si leurs maires ne s’y opposent pas. « Lorsque l’on a écrit à chacun des maires, unanimement, la question de l’apaisement de la circulation est remontée », reprend Julie Frêche.

« Rouler à 30 km/h, c’est déjà un exploit »

De son côté, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, dénonce une mesure « inutile ». « On est sur une tendance un peu « écolo bobo », confie-t-il. Parce que ça fait bien, en ce moment, de dire que l’on s’attaque à la voiture. Mais Montpellier vaut bien plus que des mesures parisiennes. »

Pour le porte-parole des automobilistes, « à Montpellier, le pragmatisme, c’est déjà ne pas rouler trop vite. Dans les quartiers proches de l’Ecusson, notamment, rouler à 30 km/h, c’est déjà un exploit. Dans toutes les villes qui sont passées à 30, on n’a pas constaté de changement dans la vitesse moyenne. Les automobilistes roulent selon les conditions de circulation, la dangerosité, la largeur de la route, les embouteillages, l’approche des intersections. On remplace un 5 par un 3, mais ça ne change rien. »