Calais : Un « "Live" de la jungle » très loin de la version de Disney

MIGRANTS L’association l’Auberge des migrants a publié un recueil de témoignages de bénévoles ayant aidé, vécu ou travaillé dans ce qui fût le plus vaste camp de migrants d’Europe avant son démantèlement en 2016

Mikaël Libert

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Le démantèlement de la «jungle» de Calais en mars 2016.
Le démantèlement de la «jungle» de Calais en mars 2016. — M.Libert / 20 Minutes
  • L’Auberge des migrants vient d’éditer un livre de témoignages sur la « jungle » de Calais.
  • Sur les 260 pages du « Livre » de la jungle, une quarantaine d’anciens bénévoles racontent leur vision de ce qui a été le plus grand bidonville d’Europe en 2016.
  • L’ouvrage est vendu dans plusieurs librairies du Calaisis et les fonds serviront à financer les actions de l’association.

Il y a quatre ans encore, le plus grand camp de migrants d’Europe étalait sa misère près de Calais. Dans ce vaste bidonville, surnommé la « jungle », ce sont jusqu’à 10.000 personnes qui ont habité dans des conditions déplorables en attendant de pouvoir franchir la Manche et gagner l’eldorado britannique. En octobre 2016, le gouvernement a achevé le démantèlement de « cette verrue » dont l’infamie avait valu à Calais une notoriété mondiale. L’Auberge des migrants, une association d’aide aux exilés, vient d’éditer Le « Live » de la jungle, un livre de témoignages de bénévoles ayant passé un bout de leur vie dans la « jungle ».

«Le live de la jungle», livre édité par l'Auberge des migrants.
«Le live de la jungle», livre édité par l'Auberge des migrants. - M.Libert / 20 Minutes

« Ce sont des témoignages que l’on avait déjà récoltés il y a trois ans sans avoir eu le temps de les publier avant. Et ce n’est peut-être pas plus mal », explique François Guennoc, président de l’Auberge des migrants. Il s’agit en grande majorité de bénévoles d’associations, de militants ou simplement d’humanistes « qui ont consacré du temps et de l’énergie à cette jungle », poursuit-il.

« Infâme camp à ciel ouvert » ou « ville monde en construction »

Selon les personnes, les visions de cet immense bidonville peuvent aller du romantisme à la colère en passant par l’admiration. « L’idée c’est qu’à la lumière de toutes ces histoires, on puisse avoir une perspective un peu plus réaliste de ce qu’était vraiment la jungle de Calais », espère François Guennoc.

Cette vision réaliste, c’est sans doute un mix entre un « infâme camp à ciel ouvert, un bidonville multicolore ou une ville monde en construction ». « Quoi qu’il en soit, si les conditions de vie des migrants de la jungle étaient déjà très difficiles à l’époque, elles sont encore pires aujourd’hui », souligne le président de l’Auberge des migrants.

Un dessin d'Anne Gorouben qui illustre «Le livre de la jungle», livre édité par l'Auberge des migrants.
Un dessin d'Anne Gorouben qui illustre «Le livre de la jungle», livre édité par l'Auberge des migrants. - A.Gorouben

Au gré de ses 260 pages, Le « Live » de la jungle dévoile des dessins d’Anne Gorouben, une artiste peintre parisienne. L’ouvrage, vendu 20 euros, est disponible dans trois librairies du Calaisis ou sur commande auprès de l’Auberge des migrants. Les fonds récoltés serviront à financer les actions de l’association auprès des exilés.