Saint-Etienne : «Il est cho Rizo», ou «À poêle les dindes»...Les salariés de Brut Butcher excédés de porter des tee-shirts sexistes

MANIFESTATION Les salariés de la chaîne de restauration rapide stéphanoise ont prévu de manifester samedi à Saint-Etienne

C.G. avec AFP

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Un burger en cours de confection (illustration).
Un burger en cours de confection (illustration). — CATERS/SIPA

EDIT le 14 février : A la suite de la publication de cet article, le directeur de l’enseigne Brut Butcher a indiqué à 20 Minutes que les tee-shirts, décriés par certains salariés, avaient été retirés. Et que de nouveaux seraient fournis au 15 mars. Il s’est également dit « navré de cette situation et de l’ampleur qu’elle a prise »

Des salariés de l’enseigne stéphanoise de restauration rapide Brut Butcher dénoncent les tee-shirts aux inscriptions sexistes, jugées dégradantes, que la direction leur impose de porter, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Face au refus de la direction de mettre fin à cette pratique en place depuis plus de trois ans dans la vingtaine de restaurants en France, une manifestation est prévue samedi à Saint-Etienne devant l’un des établissements. L’enseigne (propriété de l’industriel de la viande Despi) fonctionne actuellement en mode commande à emporter et livraison à domicile en raison de la crise sanitaire du Covid-19.

« À poêle les dindes »

Parmi les inscriptions sur ces vêtements de travail figurent « Un restau très cochon », « Il est cho Rizo », ou « À poêle les dindes »… « Les salariés subissent régulièrement des remarques obscènes et salaces de la part de certains clients », explique Frédéric Leschiera, responsable régional commerce et services du syndicat Sud. Une employée témoigne en avoir été victime alors qu’elle arborait un tee-shirt « Il faut se la farcir ». Depuis l’an dernier, ces restaurants de burgers proposent aussi un wrap baptisé « La cagole ».

En août, l’inspection du travail de la Loire avait indiqué avoir constaté la présence « d’inscriptions qui peuvent avoir un caractère sexiste » et ajoutait attendre « une réponse adaptée à la gravité de la situation de la part de l’employeur », lui rappelant son obligation de ne « pas porter atteinte à la dignité, ou créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».

Dans un courrier adressé fin janvier au Conseil des Prud’hommes de Saint-Etienne, l’avocat de l’enseigne avait répondu que « pas un seul des 200 salariés ne s’était plaint des slogans humoristiques apposés sur les tee-shirts (…) ni fait remonter à sa direction avoir été l’objet de remarques salaces ».