Coronavirus : Entre « respect des consignes » et « ras-le-bol », le non-port du masque artisanal divise

VOUS TEMOIGNEZ Parfois surpris, mais résignés, nos internautes s’adaptent petit à petit au port des masques uniquement de catégorie 1, excluant certains réalisés en tissu, dont les faits maison

Léa Ménard
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Une pile de masques artisanaux en tissu.
Une pile de masques artisanaux en tissu. — Vera Davidova

Entre compréhension et ras-le-bol, nos internautes s’adaptent progressivement aux nouvelles recommandations, plutôt bien comprises. Face au coronavirus, le gouvernement demande désormais  « de ne plus utiliser de masque artisanal », mais de privilégier le port de masques de catégorie 1.

Parmi nos lecteurs, ils sont un certain nombre à avoir pris la décision d’arrêter de porter leurs modèles faits maison. Ce n’est pas le cas de tous. Certains irréductibles ne sont pas d’accord. « Je garde mon masque artisanal. Déjà qu’on nous oblige à le porter partout dans mon village aux rues quasi vides… », nous précise Claude, vraisemblablement sceptique.

« Nous devons suivre les conseils des scientifiques et cesser de douter de tout », défend Gilles, quant à lui plutôt convaincu. Un avis que partage Christian. « J’ai porté des masques "faits maison" comme conseillé au cours du premier confinement. Je portais, au besoin, des masques jetables de catégorie 1 dans des lieux plus exposés à une concentration de personnes. La situation actuelle nous amène à devoir renforcer la qualité des gestes barrières via, entre autres, la qualité de filtration des masques. J’adhère complètement à cette mesure ! »

Grand ras-le-bol

D’autres internautes témoignent avoir été un peu pris au dépourvu. C’est le cas d’Emilie, maman de deux enfants. « J’ai investi pas mal d’argent dans des masques artisanaux et je dois désormais en racheter des UNS1 [catégorie 1] pour mes enfants. Vu que cela reste un budget imprévu, je vais attendre avant d’investir pour moi et continuer d’utiliser des artisanaux. » Catherine est dans une situation similaire. Dépitée, elle dénonce « un manque de cohérence, de clarté et de logique ». « Je ne sais plus ni quoi penser, ni que faire. Injonctions contradictoires, changements au gré du temps… Je dis à ma fille de porter des catégories 1, mais moi je continue de porter ceux que j’ai moi-même faits lors du premier confinement. (…) Dépit, dégoût et ras-le-bol ! », finit-elle par résumer.

Et c’est loin d’être la seule dans ce cas. L’agacement prend parfois l’ascendant sur la compréhension des nouvelles recommandations. « Pour ma part, je vais continuer avec les masques en tissu, pour lesquels j’ai investi pour toute la famille, qu’ils soient de catégorie 1 ou non. Idem pour mes enfants », précise Laeticia. Cette mère de famille en a définitivement « ras-le-bol de tous ces changements de directives !!! » Et dans certains témoignages récoltés, la théorie du complot n’est jamais très loin. « Encore une vaste fumisterie. Maintenant on nous oblige à acheter des masques pour faire rentrer un peu plus de sous dans les caisses de l’État », croit savoir par exemple Jacky.

Écologie et bon sens privilégié

Certains internautes appellent toutefois à faire preuve de bon sens. Ils rappellent que le respect des gestes barrières et la manière de porter le masque sont primordiaux. « Le plus important est de mettre correctement son masque (couvrant le nez et la bouche) plutôt que la sorte », affirme Anne-Marie.

D’autres lecteurs et lectrices nous interpellent sur le caractère peu écologique des masques jetables. Ainsi que sur l’environnement, alors qu’on en retrouve de plus en plus abandonnés à même le sol. Pour cette raison, Hélène continuera à en porter des en tissu non homologués, parce que selon elle « les masques chirurgicaux sont une bombe à retardement pour la planète ».

Respect « des consignes »

De son côté, Marie précise qu’elle va « respecter les consignes », même si elle n’est pas favorable au jetable. D’ailleurs, elle a « déjà acheté plusieurs masques de catégorie 1, toujours en tissu ». « Le masque maison n’est pas "mauvais" parce qu’il est fabriqué maison, mais parce qu’on ne peut pas en contrôler l’efficacité », souligne-t-elle. Elle souhaiterait avoir des directives pour pouvoir en coudre des artisanaux de catégorie 1 elle-même (trame du tissu à utiliser, doublure obligatoire, etc.). « Un peu marre qu’on nous laisse entendre que hors consommation et génération de déchets effrénées, point de salut ! »

Enfin, pour Xavier, « il ne s’agit pas d’un effort particulier ». Il a décidé de suivre les préconisations. « Je porte systématiquement le masque et j’ai la chance d’être fourni par mon entreprise », explique-t-il. D’après lui, « on ne peut plus se permettre de faire dans la demi-mesure, un suivi strict des recommandations dès que cela est possible est inévitable ».