Le hashtag #Sciencesporcs dénonce les viols et agressions sexuelles dans les Instituts d'études politiques

TEMOIGNAGES Depuis lundi, les témoignages d’étudiantes d’Instituts d’études polilitiques affluent sur Twitter pour dénoncer des viols et agressions sexuelles survenus dans leurs écoles

F.P.

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Vue de l'entrée de l'Institut d'études politiques (IEP) prise le 27 février 2001 à Paris
Vue de l'entrée de l'Institut d'études politiques (IEP) prise le 27 février 2001 à Paris — Francois Guillot AFP

Les témoignages se multiplient. Ce mardi, le hashtag #sciencesporcs se trouve en tête des sujets les plus discutés sur le réseau social Twitter, dans la catégorie France. Le 23 janvier dernier, une victime de violence sexuelle avait raconté ce qu’elle a subi sur une page Facebook privée et son témoignage avait incité d’autres étudiants à franchir le pas. En quelques jours, plus de 150 récits de sexisme, de harcèlement, agressions sexuelles, viols avaient afflué, émanant d’anciens ou d’actuels étudiants de la prestigieuse institution bordelaise, rapportait 20 Minutes.

A cela, s’est ajouté

l’article du quotidien Libération du 4 février dernier, recueillant les témoignages de dizaines d’étudiantes d’Instituts d’études politiques victimes d’agressions sexuelles ou de viols.

Des viols et le silence des écoles ?

Ce mardi, sur la Toile, de nombreux nouveaux témoignages d’étudiantes racontent des viols, des agressions sexuelles, des bizutages qui dérapent. Et dénoncent aussi, bien souvent, l’absence d’une réelle prise en charge par leurs écoles. Comme cette étudiante de Sciences Po Grenoble, qui explique avoir été violée en première année : « J’en ai informé l’administration il y a quelques jours, ils m’ont proposé plein de trucs pour "prendre soin de moi", mais jamais de mesures contre lui [exclusion ou autre] ou de mesures générales de prévention, témoigne-t-elle. Je trouve ça très grave. »

« Ce soir, j’ai honte », lance Lola, étudiante à Sciences Po Strasbourg, dans une lettre ouverte publiée lundi soir sur Twitter. « Ce soir, ce n’est pas avec fierté que je dis : « Je suis à Science Po, poursuit-elle. Parce que les témoignages affluent, ils ne s’arrêtent plus. J’ai l’impression qu’ils ne s’arrêteront jamais. Chacun pire que le précédent. »