Vaccination : Supprimer les brevets sur les vaccins ? Une « fausse bonne idée » pour Agnès Pannier-Runacher

INDUSTRIE La ministre déléguée à l’Industrie estime que le problème est logistique, pas légal

20 Minutes avec AFP
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La ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher.
La ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Supprimer les brevets sur les vaccins est « une fausse bonne idée », a déclaré ce dimanche la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, estimant que le véritable sujet de « blocage » est de « trouver des sites de production en capacité de fabriquer » les vaccins anti-Covid. « L’industrialisation d’un vaccin ça prend en temps normal, douze à trente mois, a-t-elle expliqué sur France Info. Parce qu’il n’y a pas un lot qui sort d’une usine de vaccins qui n’ait pas fait l’objet de contrôles extrêmement approfondis. »

« Vous ne pouvez pas convertir n’importe quel site en site de production de vaccins : il vous faut quatre, cinq, six mois pour le faire », a-t-elle ajouté. Affirmant « partage (r) l’idée que le vaccin doit être un bien public mondial » la ministre a déclaré : « Nos contrats prévoient des mécanismes de don pour les pays à bas revenus et nous participons à l’initiative Covax », un programme international de distribution de vaccins soutenu par l’OMS.

La polémique sur les dividendes chez Sanofi

Mercredi, plusieurs dizaines de militants et d’élus communistes ont manifesté devant les sièges du groupe américain Pfizer – qui a développé avec le laboratoire allemand BioNTech le premier vaccin mis en circulation dans l’UE- à Paris et de l’OMS à Lyon. Ils ont réclamé que les brevets du vaccin anti-Covid, « bien commun pour l’humanité », soient libérés et deviennent des génériques. Ils ont ainsi demandé à la France et à l’Union européenne « d’enclencher une procédure de licence publique » qui obligerait les laboratoires à transmettre leurs brevets.

Interrogée sur l’émoi suscité par l’annonce, vendredi, du laboratoire français Sanofi, qu’il va distribuer 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires grâce à une envolée de son bénéfice net en 2020 – année où il a annoncé 1.700 suppressions de postes, dont un millier en France –, Agnès Pannier Runacher a affirmé vouloir défendre une « vision industrielle de Sanofi ».

« Personne ne s’insurge contre les dividendes distribués par Pfizer. Ce qui est important c’est d’avoir une vision industrielle de Sanofi et de faire en sorte que (…) la recherche et développement soit réactivée en France (…). Notre sujet c’est d’avoir des actionnaires de long terme, qui ont une vision industrielle et pas financière. »