Coronavirus : Pourquoi la crise sanitaire a été un déclic pour accueillir un chien ou un chat

ANIMAUX DE COMPAGNIE Cette période de restrictions de la vie sociale a donné envie à de nombreux Français d’adopter un animal et ils sont loin de le regretter quelques mois plus tard !

Delphine Bancaud

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Une petite fille avec son chat.
Une petite fille avec son chat. — Pixabay
  • La SPA a enregistré 37.667 adoptions en 2020, avec un taux de retour d’animaux adoptés de 3,8 %, un plus bas historique. Et les éleveurs de chats et de chiens ont aussi reçu beaucoup de demandes.
  • Depuis le début de la crise sanitaire, les confinements, couvre-feu et restrictions d’activités ont agi comme un déclic chez ceux qui rêvaient depuis longtemps d’accueillir un animal de compagnie.
  • Un bonheur dont témoignent nombre de nos lecteurs.

Depuis le début de la crise sanitaire, chacun a restreint sa vie sociale. Un repli sur l’univers domestique qui a parfois fait ressurgir le vieux rêve d’accueillir un animal de compagnie dans la famille. Et a poussé certains Français à adopter ou à acheter un chien ou un chat. La SPA a ainsi enregistré 37.667 adoptions en 2020, avec un taux de retour d’animaux adoptés de 3,8 %, un plus bas historique. « Nous avons eu de belles adoptions plus réfléchies et plus responsables. Une bonne nouvelle, à condition que les nouveaux maîtres s’attachent durablement à leur animal et ne l’abandonnent pas ensuite », explique à 20 Minutes Anne-Marie Choquet, responsable régionaux Nord de la SPA.

Les confinements ont souvent eu un rôle de déclic pour se lancer dans le projet, comme pour Elisa, qui a répondu à notre appel à témoins : « Le premier confinement m’a fait réfléchir sur la solitude qui était la mienne, mais à laquelle je ne faisais pas face auparavant, étant accaparée par mon travail et de nombreux déplacements professionnels. L’idée de prendre un chat avec moi a alors refait surface, de façon plus prégnante ». Idem pour Eva : « Le fait de voir peu de monde lors du premier confinement, je n’ai pas apprécié. Juste après, l’opportunité de récupérer un chaton tout noir s’est offerte à moi. Et j’ai sauté dessus ».

« Le confinement nous a permis d’être présents pour accompagner le chiot dans notre nouvelle vie »

Loin d’être une impulsion, l’envie d’avoir un animal de compagnie existait depuis longtemps chez beaucoup de nouveaux maîtres. Mais la crise sanitaire, en changeant les habitudes de travail et de vie, a rendu le projet plus facile à réaliser, comme le confie Margaux : « Avec le travail, les temps de trajets et mes nombreux déplacements le week-end, ça ne semblait pas raisonnable d’accueillir un animal. Après le premier confinement, mon entreprise a prolongé le télétravail à 100 % et nous a confirmé qu’il n’y aurait pas de retour au bureau à 100 %, même quand les conditions sanitaires le permettraient. Du coup, mon compagnon m’a fait la surprise de proposer d’adopter un chat. Nous l’avons rencontré via Internet : un coup de foudre sur le site de la SPA ». Même réflexion chez Vincent : « Avec le nouveau mode de vie imposé, j’ai revu mon organisation et quand on m’a proposé de sauver un chat de la mort (l’agriculteur voulait noyer la portée), j’ai accepté », confie le maître de Ralphie, petite chatte qui est venue trouver refuge chez lui, juste avant le deuxième confinement.

Le fait d’être plus souvent à la maison a d’ailleurs permis une meilleure adaptation de ces animaux de compagnie, comme le souligne Laurine : « Le confinement nous a permis d’être présents pour accompagner le chiot dans notre nouvelle vie, de répondre à ses besoins en termes d’attention et d’éducation ». Elvina, elle aussi a eu plus de temps pour faire de la place dans sa vie à ses deux chats : « Deux semaines après leur arrivée, le deuxième confinement est arrivé. Ça m’a permis de créer une relation forte avec eux. La sieste sur mes genoux tous les après-midi est devenue un rituel. Rien que leur présence chez moi me met de bonne humeur », se réjouit-elle.

« Ne supportant pas d’être enfermée seule à la maison, j’ai trouvé le co-worker idéal »

Si l’arrivée de ce nouveau membre dans le foyer est souvent vécue comme un grand bonheur, la période sombre que nous traversons, a encore intensifié ce sentiment, comme en témoigne Christophe, propriétaire d’un cavalier King Charles Blenheim. « L’arrivée de ce bébé a été une bouffée de chaleur, d’oxygène et de bonheur dans cette période de morosité et nous a tous permis de voir la vie autrement ». Même enthousiasme chez Elisa : « C’est une adorable minette pleine de vie, coquine, joueuse, câline… Je sais que si je traverse cette période difficile avec une certaine sérénité, c’est grâce à elle ». Margaux a, elle aussi, retrouvé le sourire grâce à son chien : « C’est la meilleure chose qui nous soit arrivée durant cette période ! Lui, abandonné dans la rue et ayant passé six mois au refuge, a maintenant une véritable équipe à son service dans un environnement quatre étoiles. Moi, ne supportant pas d’être enfermée seule à la maison, j’ai trouvé le co-worker idéal ».

Pour Céline, son chien Rio est une sorte de soupape : « Je me promène avec lui plusieurs fois par jour. Quand c’est trop compliqué, trop lourd à la maison, je m’en vais avec lui. Il est toujours content. Ça me change des reproches constants de mes enfants ». Pour beaucoup d’entre eux, l’animal apparaît comme un nouveau repère qui structure la vie quotidienne : « Nos journées sont rythmées un peu grâce à Joey, notre chien : une balade du matin pour se réveiller, celle du midi pour faire une coupure et celle du soir pour souffler des sept heures de visio ! », raconte Jean Baptise. « Cela fait une vraie compagnie, une occupation supplémentaire et on a trouvé notre équilibre tous les deux », témoigne aussi Vincent.

« Nous devons préparer nos animaux à un peu moins de présence à la maison »

Cerise sur le gâteau, alors que beaucoup de Français ne voient plus trop leurs amis, les animaux leur permettent de faire des rencontres : « Grâce à mon chien, j’ai pu faire tout plein de nouvelles connaissances. Il y a de nombreux groupes dans les parcs ou sur les réseaux sociaux qui accueillent avec plaisir les nouveaux chiens », raconte Benjamin.

Mais si ses nouveaux maîtres sont assez disponibles en cette période, ils savent que cela ne va pas durer. « Je m’inquiète de l’après Covid, quand les entreprises remettront en question le télétravail et que le chômage partiel s’arrêtera ; j’ai peur qu’il supporte mal le fait de rester seul à la maison », confie Clément. Benjamin, lui, a décidé d’anticiper : « Nous devons préparer nos animaux à un peu moins de présence à la maison, mais aussi à changer un peu nos habitudes pour que notre rythme de vie reste compatible avec le leur ». Un avis partagé par Anne-Marie Choquet de la SPA : « Un chien qui se retrouve seul du jour au lendemain va avoir tendance à faire des dégâts, à faire ses besoins partout ou à fuguer. Il faut donc l’habituer à rester seul pour que le retour au bureau ne se fasse pas à ses dépens », prévient-elle.