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LUTTE CONTRE LA DROGUELa préfète veut «pilonner» les réseaux de trafic de stupéfiants à Marseille

Marseille : La préfète de police entend « continuer à pilonner les réseaux de trafic de stupéfiants »

LUTTE CONTRE LA DROGUEEn 2020, les services de police et gendarmerie ont démantelé 100 réseaux de stupéfiants dans les Bouches-du-Rhône
Les quartiers nord de Marseille (photo d'illustration)
Les quartiers nord de Marseille (photo d'illustration) - Lionel Urman/SIPA / Pixpalace
Caroline Delabroy

Caroline Delabroy

L'essentiel

  • Frédérique Camilleri, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, a dressé ce vendredi le bilan de la délinquance en 2020 dans le département.
  • Elle a fixé comme priorité numéro un la lutte contre le trafic de stupéfiants.
  • Des actions avec les bailleurs sociaux et la métropole sont menées pour lutter contre le phénomène des barricades.

Le confinement, pas plus que les différentes mesures restrictives pour lutter contre le coronavirus, n’a perturbé le trafic de stupéfiants à Marseille. « Il n’y a pas eu d’impact majeur sur le travail de ces réseaux », indique Frédérique Camilleri, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, qui dressait ce vendredi le bilan 2020 de la délinquance dans le département.

Ainsi, les chiffres des affaires de trafics, mises à jour sur des opérations de voiries, sont à peu près stables : on en dénombre 973 en 2020, contre 1.012 l’année précédente. Les investigations ont par ailleurs permis de démanteler 100 réseaux (contre 91 en 2019), et de saisir 2,3 tonnes de cannabis, 365 kg de cocaïne et 3,63 millions d’euros. Les règlements de compte ont fait eux 12 morts, soit deux de plus qu’en 2019.

Pour l’année à venir, la feuille de route est claire : « L’objectif est de continuer à pilonner les réseaux de trafic de stupéfiants, martèle la préfète. C’est la priorité numéro un des services de police et de gendarmerie dans le département ». Concrètement, cela signifie « des actions répétées, massives, avec l’engagement de moyens et le renfort de CRS ».

500 consommateurs verbalisés depuis janvier

« Nous allons nous attaquer aussi bien au vendeur, au guetteur, aux barricades, au consommateur, qu’à la tête du réseau, poursuit Frédérique Camilleri. L’objectif est de s’attaquer à l’ensemble des maillons de la chaîne. » Depuis le mois de janvier, près de 500 amendes pour consommation de stupéfiants ont par exemple été dressées. « Tous les services se sont approprié ce nouveau dispositif », se félicite la préfète.

Reste que sur le terrain, les habitants de plusieurs cités ne perçoivent pas les effets de cette stratégie de « pilonnage ». Un impact de balle retrouvé lundi matin dans la fenêtre d’une école du 13e arrondissement vient s’ajouter aux témoignages de contrôle exercé sur les habitants près de points de trafic. « Il y a des phénomènes de barricades à l’entrée de certaines cités, pour ralentir l’intervention des services de police », énonce Frédérique Camilleri, qui veut y voir « la preuve d’un travail offensif » pour déloger les réseaux, qui s’adaptent en quelque sorte ainsi.

Des discussions sur les écoles

« Face à ce phénomène, nous nous adaptons aussi », poursuit-elle. Un travail est mené avec les bailleurs sociaux « pour prévenir les dépôts sauvages d’encombrants et repérer les appartements vides qui peuvent servir de base de repli aux trafiquants quand on intervient ».

Les services de la métropole sont aussi sollicités pour enlever les encombrants, qui peuvent servir à la construction de barricades. « J’ai des discussions avec l’inspection académique, je n’ignore pas la situation dans laquelle se trouve un certain nombre d’écoles dans ce département, ajoute la préfète. La réponse policière est nécessaire, mais elle doit aller de pair avec d’autres services, en termes d’aménagement et de sécurisation notamment. »


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Côté justice, la procureure de Marseille ne souhaite pas reprendre le terme « pilonner ». « C’est une action résolue, très déterminée, offensive », préfère dire Dominique Laurens, en mettant l’accent sur l’importance « d’enquêtes de qualité pour aboutir à des condamnations judiciaires. » Ou comment, avec tact, rappeler que la politique du chiffre n’est pas tout, et que la lutte contre le vice de procédure fait aussi partie de l’arsenal.

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