Marseille : Un collectif saisit la défenseure des droits pour l’inaction de l’Etat envers les mineurs de quartiers défavorisés

« INFO 20 MINUTES » Le collectif fondé à Marseille, « Trop jeune pour mourir », a saisi la défenseure des droits afin de faire respecter ceux des mineurs de quartiers défavorisés

Adrien Max
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Les quartiers Nord de Marseille, où de nombreux mineurs sont embrigadés dans le trafic de stupéfiant.
Les quartiers Nord de Marseille, où de nombreux mineurs sont embrigadés dans le trafic de stupéfiant. — Lionel Urman/SIPA
  • Le collectif fondé à Marseille « Trop jeune pour mourir » a écrit à la défenseure des droits pour faire respecter ceux des mineurs des quartiers défavorisés.
  • Il liste les carences des autorités publiques en matières de droits élémentaires de ces jeunes.
  • Le collectif compte déposer une plainte contre l’Etat pour ces carences fautives.

Une lettre d’alerte en vue d’un dépôt de plainte contre l'Etat. Le collectif « Trop jeune pour mourir », fondé à Marseille à la suite de règlements de compte, a écrit à Claire Hédon, la défenseure des droits, afin qu’elle intervienne en faveur des mineurs des quartiers défavorisés. Dans cette lettre que 20 Minutes a pu consulter, Hassen Hammou, à l’origine du collectif, la sollicite pour « contribuer à faire respecter les droits les plus élémentaires pour les mineurs que sont le droit à la vie, à la sécurité, à l’éducation et à une égalité de traitement ».

Il estime que « les mineurs sont en première ligne, et même s’ils refusent de tomber dans l’illusion des trafics et de l’argent " facile ", ils ne se sentent ni défendus, ni protégés par nos institutions qui ont pourtant le devoir de leur venir en aide et de leur permettre de grandir dans un environnement sécurisé ».

Plainte contre l’Etat

« Manque d’effectif de police, manque de magistrats et de mesures d’assistance éducatives, manque de prise en charge des mineurs, manque de cellules psychologiques après les règlements de compte, manque de services publics », liste Hassen Hammou comme carence des pouvoirs publics, de l’Etat et des collectivités territoriales.

Il cite comme exemple cet impact de balle retrouvé lundi matin dans une école primaire du 13e arrondissement. « Je suis scandalisé de voir le silence institutionnel de la ville, du département, de la métropole et de la préfecture par rapport à ce qu’il s’est passé près d’une école. Ce genre de faits devient banal, ce n’est plus possible de rester muet », dénonce-t-il. Le collectif attend désormais une réponse de la défenseure des droits avec l’intention de déposer une plainte contre l’Etat pour carences fautives.