Nantes : « Certains viennent avec des jerricans ! » Succès pour la brasserie qui déstocke à prix coûtant

ANTI-GASPI La Little Atlantique Brewery, quartier Bas-Chantenay à Nantes, a décidé d'écouler les milliers de litres de bière contenus dans ses cuves

Julie Urbach

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Jeudi 4 février 2021, la brasserie Little Atlantic Brewery écoule ses stocks
Jeudi 4 février 2021, la brasserie Little Atlantic Brewery écoule ses stocks — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Des centaines de clients défilent depuis plusieurs jours à la Little Atlantique Brewery.
  • La bière, brassée sur place et qui risque de s'altérer si elle est conservée encore longtemps, est vendue à emporter à un prix imbattable de 3 euros le litre.

« Bonjour, qu’est-ce que je vous sers ? » La scène était encore banale il y a un an. Elle est beaucoup plus exceptionnelle en ce début d’année 2021, alors que les restaurants et bars de France sont toujours fermés en raison de l’épidémie de Covid-19. Pourtant, à la brasserie Little Atlantique Brewery, quartier du Bas-Chantenay à Nantes, on a rallumé la musique et des centaines de clients défilent depuis quelques jours. Plusieurs milliers de litres de blonde, blanche ou IPA à emporter, ont déjà trouvé preneurs, même si certains ont attendu près d’une heure et demie samedi dernier pour accéder aux fameux breuvages. Il faut dire que cette opération «anti-gaspi» est un vrai bon plan : avec un prix de 3 euros le litre, sans restriction de quantité, environ 50 % du stock est déjà parti.

« On avait toutes ces cuves pleines, avec une bière qui est encore très bonne mais qui risque de perdre ses qualités gustatives si elle reste comme ça trop longtemps, raconte Simon Hicher, le maître brasseur. On ne sait pas quand on rouvrira et le temps est désormais compté ! L’objectif était donc d’en faire profiter nos clients, de renouer avec eux car ils qui nous manquent beaucoup. » Pour l’équipe de la microbrasserie, composée de 43 salariés en chômage partiel, c’est aussi l’occasion de retrouver les collègues et le comptoir, même si les verres ont été remplacés par des contenants parfois peu académiques.

« On est venues par nostalgie »

Car évidemment, interdiction de consommer sur place et la bière, servie à la pression depuis les cuves, ne peut être transportée dans n’importe quelle bouteille. « Ce week-end, c’était la folie, certains sont venus avec des jerricans mais malheureusement on ne peut pas servir dans des contenants qui risquent d’exploser à cause de la pression », rapporte Simon Hicher. Par contre, les bouteilles vides de limonade par exemple, ou même de champagne (des capsules sont fournies) sont acceptées, à consommer de préférence dans les 72 heures. « Pas de problème pour ça, sourient Marion et Camille, qui repartent avec six litres. On est venues par nostalgie car on passait souvent nos vendredis soir ici. Demain, on aura au moins de la bonne bière pour l’apéro, même s’il faudra la boire tranquillement chez nous. »

L’opération, qui se déroule encore jusqu’à samedi inclus (de 12 h à 17 h 45), pourrait être renouvelée la semaine prochaine… s’il reste encore des stocks. « Avec cette démarche à prix coûtant, on ne gagne pas d’argent mais au moins on n’en perd pas, calcule Jérôme Pallier, le patron. Il faut faire le dos rond en espérant pouvoir rouvrir au printemps. Dans le cas contraire, ça risque de devenir très tendu. »