Coronavirus : L'Allemagne va-t-elle durcir ses conditions d'entrée pour les Français ?

FRONTIERES La France pourrait être classée par son voisin germanique comme zone à forte incidence du virus

Thibaut Gagnepain
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L'image remonte à mars dernier, avec des contrôles systématiques à la frontière franco-allemande, comme ici à Kehl à côte de Strasbourg.
L'image remonte à mars dernier, avec des contrôles systématiques à la frontière franco-allemande, comme ici à Kehl à côte de Strasbourg. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • Et si les règles de passage à la frontière allemande devenaient encore plus compliquées ? La crainte est réelle en Alsace car le Robert-Koch Institut, l’organisme de veille sanitaire , pourrait vite classer la France en zone de forte incidence.
  • Pour le moment, les frontaliers bénéficient d’une règle, celle des 24 heures, qui leur permet de circuler facilement entre les deux pays. Mais celle-ci pourrait donc sauter…« On ne sait pas encore quelles mesures concrètes seront prises avec les Länder comme le Bade-Wurtemberg », explique-t-on pour le moment à l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. La collectivité transfrontalière attend elle aussi des réponses…

Un tram entre Strasbourg et Kehl qui fonctionne, une circulation globalement fluide et quelques contrôles de police aléatoires…. La situation actuelle à la frontière franco-allemande n’a rien à voir avec celle du printemps dernier. Il est toujours possible de la traverser, d’autant plus facilement pour les Alsaciens et Mosellans qui habitent à moins de 30 km du Bade-Wurtemberg, de la Sarre ou de la Rhénanie-Palatinat.

A l’inverse de leurs compatriotes, ils n’ont pas besoin de présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures et se soumettre à dix jours de quarantaine. Seule condition pour les « privilégiés » : rester moins de 24 heures outre-Rhin et s’y rendre pour un motif impérieux (travail, visite à un proche malade, rendez-vous médical). Bref, il n’est plus question de changer de pays pour faire ses courses.

Et si tout ce dispositif sautait dans les prochaines heures ? Cela pourrait être le cas si le Robert-Koch Institute (RKI), l’organisme de veille sanitaire allemand, fait passer la France de zone à risque à zone de forte incidence. Une décision probable car le taux d’incidence dans l’Hexagone y est supérieur (environ 215 cas positifs au Covid-19 pour 100.000 habitants) au seuil retenu par le RKI (200 cas pour 100.000 habitants) pour un tel classement.

Inquiétude pour les frontaliers

« On ne sait pas encore quelles mesures concrètes seront prises avec les Länder comme le Bade-Wurtemberg », explique-t-on ce jeudi matin à l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. La collectivité transfrontalière s’inquiète depuis mardi d’un éventuel durcissement des conditions d’entrée en Allemagne.

« Avec la réglementation actuelle des 24 heures, nous avions trouvé une bonne base, compatible avec la pandémie qui répond aux réalités quotidiennes de notre région frontalière. La supprimer maintenant signifie faire un pas en arrière », écrit son président Frank Scherer. « Nous n’avons aucune preuve que le trafic frontalier soit un facteur particulier de la pandémie », ajoute-t-il dans un communiqué cosigné avec la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian.