Coronavirus à Rennes : Mal-être et pensées suicidaires, les inquiétants résultats d’enquête d’un syndicat étudiant

EDUCATION Un peu plus de 3.000 étudiants de l’université rennaise ont répondu à un questionnaire

Camille Allain

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Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2.
Illustration du campus Villejean de l'université Rennes 2. — C.Allain/20 Minutes

Les résultats sont édifiants. D’après le syndicat Union Pirate, majoritaire à l’université Rennes 2, la grande majorité des étudiants de la fac de sciences sociales déclare rencontrer d’importantes difficultés, en grande partie provoquées par l’épidémie de Covid-19. D’après un questionnaire diffusé en ligne auquel plus de 3.000 étudiants ont répondu, 51 % des sondés déclarent « se sentir mal ou plutôt mal ». Pour 56 % d’entre eux, la situation s’est même dégradée depuis novembre et la diffusion d’un même questionnaire. Pire. D’après le syndicat étudiant, 21 % des sondés auraient eu des pensées suicidaires ces derniers mois.

Alors certes, l’enquête n’a pas été menée par un grand institut de sondage et ne respecte pas la traditionnelle « méthode des quotas ». Mais avec 3.000 répondants sur les 13.000 élèves contactés, ces résultats peuvent être pris au sérieux. L’université Rennes-2 est-elle pire que les autres ? Traite-t-elle si mal ses étudiants ? Ce n’est évidemment pas le cas. La fac de sciences humaines est simplement le reflet d’un mal-être grandissant dans les rangs étudiants. Un mal-être trop longtemps sous-estimé et qui semble s’accroître au fil des mois passés en confinement ou sous couvre-feu.

Les résultats du questionnaire révèlent cependant des points d’amélioration pour l’université de la capitale bretonne puisque 20 % des sondés estiment que l’enseignement à distance mis en place par l’établissement est « mauvais voire très mauvais », contre 19 % qui le jugent « bon ou très bon ». La majorité évoque une situation « aléatoire ». Il est pourtant surprenant de voir que seuls 65 % des sondés souhaitent un retour en présentiel.

En janvier, le hashtag #EtudiantsFantômes était apparu sur les réseaux, agrémenté de milliers de témoignages de détresse. Fin 2020, une étude d’Ishare menée par Confins révélait que 11 % des étudiants avaient eu des idées suicidaires lors du premier confinement.