De la peine à la main tendue, Latifa Ibn Ziaten lauréate du prix Zayed pour la Fraternité humaine

DISTINCTION La mère de la première victime du terroriste Mohamed Merah recevra ce jeudi le prix Zayed décerné par le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar à l’occasion de la première Journée internationale de la Fraternité humaine

B.C. avec AFP

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Toulouse, en décembre 2012, la mère d'un des militaires tués par Merah, Latifa Ibn Ziaten, lors d'une visite à Toulouse.
Toulouse, en décembre 2012, la mère d'un des militaires tués par Merah, Latifa Ibn Ziaten, lors d'une visite à Toulouse. — Fred.Scheiber

Le 11 mars 2012, à Toulouse, son fils Imad, sous-officier du 1er Régiment du train parachutiste, tombait sous les balles du terroriste Mohamed Merah. Depuis, Latifa Ibn Ziaten sillonne la France et le monde à la rencontre de la jeunesse pour les empêcher de tomber dans le piège de la radicalisation. Ce jeudi, cette Franco-Marocaine de 61 ans recevra le prix Zayed de la fraternité, remis jeudi à Abou Dhabi par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar.

Une distinction qui sera aussi décernée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’occasion de la première journée internationale de la Franternité humaine. Ce n’est pas la première fois que cette femme est récompensée pour son combat en faveur du dialogue interreligieux. En 2016, à Washington, elle avait reçu aux côtés de treize autres militantes engagées, le prix des « Femmes courageuses ».

Son engagement est né au lendemain de la mort de son fils. Alors qu’elle se trouvait dans le quartier des Izards, d’où était natif l’assassin d’Imad, elle avait rencontré des jeunes qui avait présenté le terroriste en martyr. Elle leur avait alors indiqué être la mère d’une de ses victimes.

Poursuivre son engagement

C’est de là qu’est née sa volonté de « tendre la main vers l’autre », explique-t-elle. Pour y parvenir elle a créé son association « Imad pour la jeunesse et la paix » et a pris son bâton de pèlerin pour se rendre dans les collèges et lycées à la rencontre de la jeunesse, qui se sent souvent oubliée et rejetée. Mais aussi dans les maisons d’arrêt ou les foyers. Il faut avant tout « investir dans l’accompagnement des jeunes » pour éviter les dérives, plaide Latifa Ibn Ziaten.

Cette distinction, elle s’apprête à la perçoit comme « un grand honneur », une chose qui « va vraiment m’aider dans mon travail », dit celle qui est « très touchée ». « Il faut réussir à savoir ce qu’il se passe dans la tête d’un jeune et quelles solutions on peut lui proposer, explique-t-elle. Quand vous n’avez pas les chances à disposition pour réussir, quelqu’un peut vous récupérer. »