Vendée : Le permis de construire du roi des Belges contesté sur l’île d’Yeu

MAUVAISE BLAGUE Le souverain a obtenu le droit de construire une annexe destinée à abriter ses gardes du corps sur une zone naturelle réglementée de sa propriété

David Phelippeau

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Le couple royal et leurs enfants en 2013 à l'Ile d'Yeu.
Le couple royal et leurs enfants en 2013 à l'Ile d'Yeu. — YVES HERMAN / BELGA / AFP
  • Le roi Philippe de Belgique a fait construire sur sa propriété un local pour loger son personnel de sécurité à l’île d’Yeu.
  • Cette annexe a été construite sur une zone réglementée et protégée, déclenchant une vive colère sur l’île vendéenne.

Ça souffle fort depuis quelques jours sur l’île d’Yeu en Vendée. La semaine dernière, lors d’un conseil municipal, l’opposition a interpellé le maire de la commune, Bruno Noury, sur un permis de construire qui a été accordé l’été dernier… au roi Philippe des Belges, qui passe souvent ses vacances en famille sur l’île depuis près de vingt ans.

En 2019 sous le prête-nom de Philippe Legrand, le souverain a acheté une maison sur un terrain de près de 8.000 m2. L’été dernier, il a construit un local pour son personnel de sécurité de 40 m2 sur cette même parcelle. Selon la liste d’opposition M’Yeu ensemble, le permis de construire de cette annexe n’aurait jamais dû être délivré au monarque dans un secteur protégé et réglementé.

« On conteste car ce local a été construit sur un espace naturel, explique un des représentants de la liste d’opposition joint mardi soir par 20 Minutes. Pourquoi avoir accordé ce permis de construire ? C’est clairement un privilège pour un homme d’Etat. C’est une honte. Les habitants de l’île sont en colère. » Bruno Noury, le maire, s’était expliqué de manière lapidaire lors du conseil municipal : « Ce permis de construire s’est imposé à nous, c’est une demande du préfet. » L’édile aurait aussi fermé les yeux sur le fait que l’extension fait plus de 30 m2, ce qui n’est pas autorisé.

La mairie explique que c’est un « équipement collectif d’intérêt général »

Ce mercredi après-midi, la mairie a fait parvenir à 20 Minutes un communiqué pour se justifier. Il s’appuie notamment sur le règlement du Plan local d’urbanisme (PLU) et précise que l’annexe du monarque entre dans la catégorie « équipement
collectif d’intérêt général […] dans le domaine de la défense et sécurité ». La mairie indique aussi qu'« un équipement collectif d’intérêt général peut avoir une gestion publique ou privée ». Elle conclut : « Ce permis concerne une annexe permettant d’accueillir exclusivement les services de sécurité nécessaire à la protection d’un chef d’Etat. Au vu de cette situation particulière, cette possibilité offerte par le Plan local d’urbanisme a été discutée et validée en concertation avec les services préfectoraux. »

Un argument, également défendu par le palais royal de Bruxelles et par la préfecture de Vendée, contesté en revanche par la liste d’opposition. « Faire construire une annexe pour des gardes du corps, ça ne relève pas du service public, c’est du privé, peste toujours cet élu de l’opposition (qui a souhaité rester anonyme). Je croise de temps en temps le roi des Belges et sa famille, il est très respectueux de l’île, mais là, il ne l’est pas. »