Dordogne : Un éboulement de falaises sert de justification pour relancer le débat sur une déviation routière contestée

SECURITE Alors qu’une décision de justice lui demande de démolir le chantier de construction de la déviation de Beynac, le président du département nourrit un « espoir très sérieux » qu’elle voit quand même le jour

Elsa Provenzano

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Un éboulement sur la route de Beynac, le 28 janvier 2021.
Un éboulement sur la route de Beynac, le 28 janvier 2021. — Département de la Dordogne
  • Le Département de la Dordogne met en avant les éboulements des falaises de Beynac pour défendre le projet de déviation routière du village médiéval.
  • Celui-ci a pourtant été retoqué par la justice et le site doit être remis en état.
  • Le président du conseil départemental en appelle au Président de la République pour un redémarrage du chantier au nom de la sécurité des usagers de la route et de l’intérêt général.

L’argument de la sécurité pourrait-il peser en faveur de la déviation routière de Beynac ? Le 28 janvier 2021, un éboulement s’est produit sur la route départementale traversant ce petit village médiéval périgourdin pour lequel le Département veut une déviation routière, stoppée par la justice. Le président du conseil départemental de la Dordogne Germinal Peiro (PS) attrape la balle au vol. Il campe sur ses positions malgré l’injonction, connue au printemps 2019, à remettre le site du chantier en état et brandit ce mardi le risque d’éboulement à travers une étude réalisée par le cabinet Géolithe pour défendre à nouveau son projet.

L’étude porte sur trois secteurs, dont celui des falaises de Beynac et pour lui : « la déviation permettrait de réduire de 70 % la circulation dans ces trois endroits qui sont dangereux ». « Dès 2017, des études montraient la nécessité d’installer des grillages, de protéger ces secteurs, rétorque Théophile Pardo, de l’association défendre l’intérêt général en Dordogne. Elle existera toujours cette route départementale, il faut bien la sécuriser ! »

La démolition n’interviendra pas avant deux ans

La démolition sur le site du chantier de la déviation n’a pas commencé. « On n’a jamais dit qu’on ne respecterait pas la décision mais on la conteste, assure Germinal Peiro. Des démarches pour réaliser des études techniques et environnementales sont engagées mais on a un calendrier qui fait que les travaux débuteront dans deux ans ». Un laps de temps dans lequel il espère que son projet redémarre. Il assure nourrir un « espoir très sérieux », en prenant l’exemple de la déviation du Taillan Médoc, en Gironde. « Après quatre ans d’interruption des travaux, le dossier a été repris à cause de problèmes de sécurité », pointe-t-il.

Et même si tous les recours juridiques ont été épuisés, il n’en démord pas. « Le temps judiciaire est allé au bout, aujourd’hui s’ouvre un temps politique. Le dossier est dans les mains du Président et du Premier ministre, je leur demande de retrouver la raison. Sinon on ne fera plus rien dans ce pays parce qu' il y a partout des espèces protégées. » L’élu y voit un enjeu national, pour tous les projets portés par les collectivités. « C’est une idée fixe, s’exaspère son opposant Théophile Pardo. Il a écrit deux fois à Emmanuel Macron, sans obtenir de réponse… »