Vaccination en Ile-de-France : Pourquoi ce micmac autour des rendez-vous de première injection ?

VACCINATION Après avoir annoncé la semaine dernière qu’elle était contrainte de reporter des rendez-vous faute de doses, l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France a fait marche arrière lundi soir

C.Po.

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Illustration d'un centre de vaccination contre le covid 19 en France.
Illustration d'un centre de vaccination contre le covid 19 en France. — ALLILI MOURAD/SIPA
  • La semaine dernière, l'ARS d'Ile-de-France annonçait devoir reporter des milliers de rendez-vous avant de faire marche arrière.
  • Les retards de livraison des vaccins expliquent en partie ces difficultés.
  • Au mois de février, il y aura deux fois plus de deuxième injection que de première. 

Il n’y aura finalement pas de « report de rendez-vous de première injection ». Lundi en fin d’après-midi,l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France a annoncé avoir trouvé une solution pour maintenir le rythme de vaccination contre le Covid-19. Quelques jours plus tôt, elle avait pourtant annoncé être contrainte de décaler entre 15.000 et 20.000 rendez-vous, notamment la semaine du 8 février. Que s’est-il passé ?

Acte I : Pfizer et AstraZeneca annoncent qu’ils ne tiendront pas leur délai de livraison

La nouvelle a jeté un froid dans toute l’Union européenne : début janvier, les laboratoires allemand BioNTech et américain Pfizer qui fournissent pour l’heure l’essentiel des vaccins annoncent qu’ils ne pourront honorer leur délai au premier trimestre en raison de travaux dans une de leurs usines en Belgique. Puisque les vaccins sont commandés « en gros » par les 27 pays avant d’être répartis au prorata de la population, toute l’Union est touchée. Après d’âpres négociations, le laboratoire a finalement indiqué lundi pouvoir honorer sa commande et promis une augmentation de la cadence à la mi-février. Mais entre-temps, c’est un autre laboratoire, AstraZeneca, qui a annoncé qu’il ne livrerait finalement que 25 % des 100 millions de doses promises au premier trimestre.

Acte II : Des répercussions locales

A l’échelle locale, ces retards ont d’importantes répercussions sur le calendrier vaccinal : les doses étant livrées au fil de l’eau, le rythme des injections est établi en fonction. Lorsque les prises de rendez-vous ont été ouvertes, les retards n’avaient pas été annoncés. Autre élément à prendre en compte : le délai d’injection entre les deux doses. Faut-il suivre les recommandations de Pfizer et laisser entre 21 et 28 jours entre les deux injonctions pour s’assurer d’une meilleure protection ou privilégier une primo-vaccination de masse quitte à perdre une partie de l’efficacité du vaccin, comme cela se fait par exemple en Grande-Bretagne ? Après quelques atermoiements, la France a décidé de suivre les recommandations de Pfizer.

Ce sont ces deux éléments, qui ont poussé l’Agence régionale de santé à annoncer le 28 janvier le report de 15.000 à 20.000 rendez-vous afin d’assurer la seconde injection. Les principales difficultés dans la région sont concentrées la semaine du 8 février : cette semaine-là, près de 51.000 secondes injections doivent être faites, notamment auprès du personnel de santé. Or, avec les retards de livraison annoncés, la région ne disposait que de 75.000 doses au total. « Le volume disponible pour les premières injections devrait se situer autour de 25.000 dans les centres ambulatoires de la région. » Contre près du double cette semaine du 1er février.

Acte III : Moderna, la planche de salut

Trois jours après ces annonces, l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France a finalement annoncé qu’elle serait en mesure d’assurer toutes les primo-vaccinations grâce à la mobilisation d’un troisième vaccin, Moderna, jusqu’ici principalement utilisé dans les établissements de santé dits « pivots », qui accueillent généralement des personnes âgées. « La mobilisation de 20.000 doses de vaccin Moderna qui seront concentrées sur cette semaine et le travail engagé pour fiabiliser, centre par centre, l’intégralité des données et s’assurer du chiffre exact de nouvelles injections nécessaires, ont permis de repousser ce risque [de report] », indiquait lundi soir l’ARS dans un communiqué. Ainsi, les 30.000 rendez-vous de première injection pris cette semaine-là dans la région seront honorés. En revanche, l’ARS indique que certains rendez-vous de deuxième injection seront décalés d’une semaine.

Epilogue : Peu de primo injections sur la fin du mois

Malgré la mobilisation de ces doses de vaccin la semaine du 8, peu de primo injections sont prévues sur la fin du mois de février : 10.000 la semaine du 15 février – dont la prise de rendez-vous a ouvert ce mardi – et 20.000 la dernière semaine. Dans son premier communiqué, l'ARS tablait sur 45.000 primo-injections cette semaine-là. En revanche, 120.000 secondes injections seront effectuées les deux dernières semaines de février.