Coronavirus : Frédérique Vidal veut que profs et étudiants gardent le contact

UNIVERSITE La ministre de l'enseignement supérieur était en visite sur le campus bordelais ce lundi

20 Minutes avec AFP

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Frédérique Vidal s'est rendue auprès de la communauté universitaire qui vit mal les restrictions sanitaires.
Frédérique Vidal s'est rendue auprès de la communauté universitaire qui vit mal les restrictions sanitaires. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Frédérique Vidal était en visite sur le campus bordelais ce lundi, alors que le monde universitaire vit mal la crise sanitaire.
  • Elle a appelé de ses vœux un contact en présentiel entre profs et élèves au cours du second semestre.
  • Les indicateurs relatifs à la précarité étudiante sont de plus en plus inquiétants.

Alors que la communauté universitaire vit mal les restrictions sanitaires liées à la lutte contre l’épidémie, la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal s’est rendue en visite ce lundi sur le campus bordelais. Elle y a plaidé pour maintenir le lien en présentiel entre étudiants et professeurs au second semestre, malgré un possible reconfinement.

« L’objectif est que tous les étudiants puissent continuer à être en contact (en présentiel) avec leurs professeurs et que ça puisse tenir tout le second semestre », a indiqué la ministre qui a fait un point sur le retour progressif en classe de tous les étudiants, dans la limite de 20 % des capacités d’accueil.

« Pas un second semestre normal »

Au sujet d’un éventuel reconfinement, Frédérique Vidal a répondu : « Si on doit tout refermer, y compris les écoles, on refermera les universités, mais l’objectif est d’avoir ce protocole qui permet d’avoir du présentiel sans faire courir de risque aux étudiants, au personnel, à la population. » « Ce ne sera pas un second semestre normal », a-t-elle prévenu. « Mais la vaccination va nous aider. On sortira de cette crise avec des jeunes qui auront beaucoup donné pour leur pays, leurs concitoyens. »

Dans un cours d’électronique, Simon Malard, étudiant en première année, était heureux d’avoir retrouvé le chemin des classes : « Au début (à distance), on avait le moral mais ça s’est détérioré au fil des semaines et on avait de moins en moins envie de travailler ».

Mais alors que la date du 8 février pour la reprise partielle de tous les étudiants approche, certains s’impatientent. « La mesure d’un jour de cours par semaine (en présentiel), ça reste flou : on ne sait pas quand, ni comment. Même si c’est toujours ça, ça ne reste pas assez », a expliqué Jonathan Sauzeau, en M1 droit des affaires.

Une précarité étudiante grandissante

Parallèlement, les universités doivent aussi mettre en place le « chèque psy », censé faciliter la prise en charge psychologique sans avance de frais, et le « repas à 1 euro » pour les non boursiers. Selon le directeur restauration du Crous de Bordeaux, Pascal Mergui, l’activité des « restos U » a augmenté de 60 % la semaine dernière sous l’effet du « repas à 1 euro » et du retour en classe.

Sur le volet psychologique, Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie et directeur scientifique de l’espace santé de l’université, a décrit un état de santé étudiant « globalement mauvais ». « Nos études montrent qu’environ 30 % des étudiants de l’université de Bordeaux ont une symptomatologie dépressive modérée à sévère » (sur 56.000 étudiants), a-t-il ajouté, alertant également sur la détresse financière de la population estudiantine privée de ses jobs d’appoint.

« Au moment ou l’on déploie des dizaines de milliards (d’euros) pour beaucoup de secteurs, c’est dommage que le RSA (pour étudiants) ou un équivalent n’ait pas été mis en place pendant l’épidémie », a-t-il dit.