La mère d'une Française détenue en Syrie entame une grève de la faim

MOBILISATION Pascale Descamps, malade, demande depuis des mois le rapatriement de sa fille et de ses quatre petits-enfants, détenus dans un camp kurde

20 Minutes avec AFP

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Des enfants réfugiés syriens dans un camp à la frontière entre la Turquie et la Syrie le 29 janvier 2021.
Des enfants réfugiés syriens dans un camp à la frontière entre la Turquie et la Syrie le 29 janvier 2021. — INA Photo Agency/Sipa USA/SIPA

« La démarche de la dernière chance », selon son avocat. La mère d’une Française détenue en Syrie, pays qu’elle avait rallié avec son compagnon djihadiste, a entamé lundi une grève de la faim pour obtenir son rapatriement, accusant les autorités françaises de la laisser « dépérir sans jugement ».

Depuis son domicile du Pas-de-Calais, Pascale Descamps, qui souffre selon sa famille d’un cancer du côlon, a indiqué avoir arrêté de s’alimenter lundi, après des mois de démarches infructueuses pour obtenir le rapatriement sanitaire de sa fille et ses quatre petits-enfants.

Sa fille détenue dans un camp kurde

« Si je me sens tiraillée par la faim, je boirais peut-être de l’eau sucrée », ajoute cette femme de 55 ans, dont la fille aujourd’hui âgée de 32 ans, a quitté la France en 2015 après s’être convertie à l’islam, avec ses trois enfants et son compagnon djihadiste, tué quelques mois plus tard. Remariée à un autre membre de Daesh, lui aussi tué, elle a eu un quatrième enfant, selon Pascale Descamps.

Sa fille est aujourd’hui détenue avec ses enfants dans un camp kurde du nord-est syrien, avec des dizaines d’autres Françaises arrêtées après la chute de Daesh. Elle fait l’objet d’un mandat d’arrêt international mais « quand on recherche quelqu’un de potentiellement dangereux, on l’arrête et on le juge », s’insurge sa mère, dénonçant « une volonté de les laisser dépérir sans jugement ».

« Zéro signe des pouvoirs publics français »

Mi-décembre, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a demandé à la France de « prendre les mesures nécessaires » pour lui permettre d’accéder à des soins médicaux, « au vu des informations disponibles » sur son état de santé. Une demande sans aucun effet, selon Pascale Descamps, qui affirme que sa fille s’affaiblit de plus en plus.

« Les enfants ont tous des diarrhées chroniques parce que l’eau n’est pas potable », ajoute-t-elle. Depuis l’interpellation de l’ONU, « zéro signe des pouvoirs publics français », confirme son avocat, Me Emmanuel Daoud. Pascale Descamps a aussi déposé une plainte la semaine dernière, pour la seconde fois, devant la Cour de justice de la République, contre le ministère des Affaires étrangères, pour omission de porter secours.

Environ 80 femmes et près de 200 enfants français vivent dans les camps du nord-est syrien, leurs proches, relayés par des ONG et des instances internationales appelant à leur rapatriement. Paris dit suivre une politique du « cas par cas » et a jusqu’ici rapatrié 35 enfants, orphelins ou dont les mères ont accepté de se séparer.