Valence : L'homme, suspecté d'avoir tué deux DRH et une conseillère Pôle emploi, est aussi impliqué dans une tentative d'assassinat

ENQUETE Les investigations ont permis de confirmer le lien entre les assassinats survenus en Drôme et en Ardèche, et la tentative d’assassinat d’un DRH dans le Haut-Rhin

E.F. avec AFP

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Devant le Pôle emploi de Valence, le 28 janvier 2021, où une conseillère a été abattue d'une balle dans le thorax.
Devant le Pôle emploi de Valence, le 28 janvier 2021, où une conseillère a été abattue d'une balle dans le thorax. — P. Desmazes / AFP
  • Le suspect de 45 ans qui a tué une DRH en Ardèche et une conseillère Pôle emploi, dans la Drôme, jeudi dernier, est également accusé d’avoir tenté d’assassiner un DRH dans le Haut-Rhin le 26 janvier.
  • Cette victime a travaillé par le passé avec une DRH du Grand-Est, assassinée mardi dernier sur son lieu de travail.
  • Pour ces faits, le lien avec le tueur de Valence a été confirmé par une source proche de l’enquête mais il n’y a pour l’heure pas d’éléments matériels certains pour l’incriminer.

La victime, qui a vu débarquer chez elle un livreur de pizza, a échappé de peu à une issue dramatique. Le parquet de Mulhouse a confirmé ce lundi le « lien » entre le meurtrier présumé d’une DRH et d’une employée de Pôle emploi, jeudi dans la Drôme et l’Ardèche, et une tentative d’assassinat d’un DRH mardi dernier à Wattwiller (Haut-Rhin).

« Il est apparu que les faits qui se sont produits dans la soirée du 26 janvier à Wattwiller (…) avaient un lien avec le périple meurtrier » à Valence et dans la Drôme, a indiqué la procureure de la République de Mulhouse, Edwige Roux-Morizot, lors d’une conférence de presse. Les investigations réalisées ont permis « d’assurer ce lien de façon quasi certaine » entre Gabriel Fortin, le meurtrier présumé d’une DRH et d’une employée de Pôle emploi jeudi, et l’ADN retrouvé sur place à Wattwiller, a ajouté la procureure.

De l’ADN du suspect découvert

Mardi soir, dans cette commune située à l’ouest de Mulhouse, un homme est venu sonner à la porte du domicile de la victime. « Il va ouvrir, un homme est dans l’encadrement de la porte avec un masque chirurgical, une casquette et un carton de pizza. La personne vérifie d’abord son identité, la victime répond et, à ce moment-là, il entend un coup de feu, qui ne l’a pas atteint », a relaté la procureure de la République.

L’auteur du coup de feu a ensuite voulu s’enfuir et la victime l’a poursuivi. Une rixe entre les deux hommes a eu lieu et, dans la bagarre, le masque et les lunettes du tireur ont été arrachés. « L’ADN unique » retrouvé sur ses deux objets a « permis de faire un lien avec le double assassinat » de Valence et de la Drôme, a indiqué Edwige Roux-Morizot, qui, une fois le travail d’enquête achevé, se dessaisira au profit du parquet de Valence.

Les deux DRH du Haut-Rhin ont travaillé ensemble

En revanche, « pour le moment, il n’y a pas de preuve matérielle certaine pour faire un lien entre ce qu’il s’est passé à Colmar et à [Wattwiller], même si on sait » que les deux victimes étaient « en lien » et « avaient travaillé ensemble », a ajouté la procureure, en référence à l’assassinat d’une DRH de 39 ans, survenu le 26 janvier dans le Grand-Est.

Ce mardi soir, le corps d’une femme tuée par balle, également responsable des ressources humaines, avait été retrouvé dans sa voiture sur le parking de son entreprise à Wolfgantzen (Haut-Rhin), près de Colmar. Selon une source proche de l’enquête, les policiers ont également établi un lien avec Gabriel Fortin, mais ce lien n’a pour l’heure pas été confirmé par le procureur de la République de Valence, ni par la procureure de Colmar.

Cette victime, mère de famille, était une ancienne collègue de l’homme qui a échappé de peu à la mort. Ce dernier est « un DRH qui avait travaillé chez Francel au cours de l’année 2008 », une entreprise d’Eure-et-Loir qui avait licencié Gabriel Fortin. « Un licenciement individuel pour faute » et non un licenciement dans le cadre d’un plan social, a précisé Edwige Roux-Morizot, selon les dires de la victime de Wattwiller.

La victime n’a pas reconnu son attaquant le soir même, mais a ensuite fait le lien, quand son nom a été dévoilé, après son arrestation. L’ingénieur sans emploi de 45 ans, resté mutique an garde à vue, a été mis en examen samedi pour assassinats et placé en détention provisoire.