« Beauvau de la sécurité » : Le grand débat inédit sur la police s'ouvre ce lundi

CONCERTATION Les discussions sont prévues pour durer quatre mois

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Jean Castex avec des policiers, à Grigny le 29 janvier 2021.
Le Premier ministre Jean Castex avec des policiers, à Grigny le 29 janvier 2021. — ISA HARSIN/SIPA

C’est une concertation nationale dont l’ambition est de présenter une grande loi sur la sécurité intérieure avant la présidentielle, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Annoncé par Emmanuel Macron en pleine polémique sur les violences policières, le « Beauvau de la sécurité » s’ouvre ce lundi.

Le chef de l’Etat, dont la politique régalienne est souvent vue comme un angle mort de son action, a fait de la sécurité une des priorités de la fin de son quinquennat. Ce « grand débat » sur la police, prévu pour durer quatre mois, peut se lire comme une nouvelle brique dans cette stratégie de reconquête. Avec la tenue du « Beauvau », du nom de la place où est situé le ministère de l’Intérieur, le chef de l’Etat dit vouloir « améliorer les conditions d’exercice » des forces de l’ordre et « consolider » les liens avec les Français.

Inauguration par Jean Castex

Si Emmanuel Macron avait assuré qu’il « interviendrait personnellement » au cours des débats, probablement lors de leur clôture prévue en mai, c’est à Jean Castex que revient la tâche d’en donner le coup d’envoi lundi matin, en visioconférence depuis le ministère de l’Intérieur. Le Premier ministre insistera sur « l’objectif de renforcer le lien entre la population et la police », « la conciliation des opérations de police et la liberté fondamentale d’informer » et le « devoir d’exemplarité » des forces de l’ordre, a confié son entourage.

Tous les quinze jours, syndicats de police, représentants de la gendarmerie ainsi que huit parlementaires et maires, dont le député LREM et ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue, se réuniront lors de huit tables rondes. Une vingtaine de « personnalités qualifiées », dont plusieurs issues du monde de l’entreprise, et « huit experts internationaux » viendront nourrir les thématiques abordées.

L’encadrement des jeunes policiers au programme

Relations entre forces de l’ordre et population et encadrement des jeunes policiers seront au menu des deux premiers rendez-vous de février (8 et 22), avec la participation de l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball Claude Onesta. Les tables rondes de mars (8 et 22) seront dédiées à la formation, puis aux relations avec la justice, en présence du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

En avril, l’ancien préfet de police de Paris Michel Cadot et le PDG de Facebook France Laurent Solly s’exprimeront respectivement sur les questions du maintien de l’ordre et de la captation de vidéos de policiers, au cœur de la loi contestée de Sécurité globale. La Défenseure des droits Claire Hédon interviendra début mai sur le « contrôle interne », notamment autour du rôle de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), avant un dernier débat sur les conditions matérielles des policiers, en présence du PDG de la Poste Philippe Wahl.