Coronavirus à Montpellier : Malgré le désamour pour les transports en commun, la métropole garde le cap sur les projets

TRANSPORTS Les modes de transport ont été transformés par le Covid-19, et les réseaux urbains doivent s’adapter. A Montpellier, la chute de la fréquentation est importante, mais la métropole va toutefois poursuivre ses projets, de la ligne 5 à la gratuité

Nicolas Bonzom

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Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier
Un tramway sur la ligne 2, dans la métropole de Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le Covid-19 a bouleversé nos vies, et nos modes de transports. Les municipalités élues en juin souhaitent aussi repenser la circulation dans les centres-villes, ce qui ne sera pas sans conséquence pour les projets futurs des réseaux urbains.
  • A Montpellier, il y a eu, depuis le début de la crise au printemps dernier, comme ailleurs, une chute de la fréquentation du tramway et des bus.
  • Mais la métropole n'a pas mis pour autant ses projets de côté : la gratuité des transports, la ligne 5 du tramway, la mise en place de bus à haut-niveau de service ou le rallongement de la ligne 1 du tramway jusqu'à la gare Sud de France se feront.

Comme dans les autres métropoles en France, l’épidémie de Covid-19 a eu une incidence sur la fréquentation des transports en commun à Montpellier (Hérault). Depuis le début de la crise, au printemps, le tramway et les bus ont vu leur utilisation chuter en moyenne de 46 %. Pendant les périodes de confinement, la baisse a même parfois atteint 80 % en semaine. « Nous sommes arrivés, avec la mise en place de la gratuité le week-end [en septembre], à relativiser cette baisse de la fréquentation », confie Julie Frêche (PS), vice-présidente en charge des mobilités à la métropole.

« Cette désertion des transports en commun nous interroge, reprend l’élue. Nous attendons que la situation se stabilise pour lancer une grande campagne pour tenter de faire revenir les habitants dans les transports. Des études ont été réalisées, et montrent qu’ils ne représentent que 1 % des clusters en France. Si vous vous asseyez sur le siège d’une personne atteinte par le Covid-19, vous avez 0,075 % de chance de l’attraper. »

« Certains vont peut-être préférer faire 2 ou 3 km à pied »

L’objectif, pour la collectivité, sera, « de rassurer les habitants. » « Les gens avaient peur du Covid-19, donc, forcément les déplacements non-obligatoires en transports en commun ont été supprimés, commente Marc le Tourneur, spécialiste des transports et ancien directeur de la Tam, l’organe qui gère le réseau à Montpellier. Il y a des trajets que l’on peut faire à pied, à vélo, voire en voiture. La question est de savoir si l’impact sera durable. Une grosse majorité va revenir quand le Covid-19 sera derrière nous. Mais avant de retrouver la totalité de la clientèle, avec le développement du télétravail… Les modes de transports sont complémentaires, mais aussi concurrents entre eux. Certains vont peut-être préférer faire 2 ou 3 km à pied, plutôt que de prendre le tramway. »

Et ce désamour des transports publics, comme partout en France, « a un coût, note Julie Frêche. C’est l’épreuve du financement de la gratuité avant l’heure. Mais la Tam est agile, et à chaque annonce gouvernementale, on adapte l’offre. » Jusqu’au 12 février, par exemple, les horaires d’ordinaire appliqués lors des vacances scolaires sont en vigueur sur les lignes du tramway et certaines lignes de bus. Certains renforts sont tout de même en place, notamment aux heures de pointe, le matin, sur les lignes 1 et 2 du tramway.

Les projets sont maintenus

Mais malgré la crise, à Montpellier, tous les projets sont maintenus. Les travaux de la ligne 5 vont continuer. La gratuité totale sera en vigueur, comme prévu, avant la fin du mandat, et elle devrait booster le trafic de 20 à 40 %. Pour l’accompagner, la métropole a fait une commande monstre de 77 nouvelles rames, pour une enveloppe de 275 millions d’euros. Des bus à haut niveau de service seront déployés. La ligne 1 du tramway sera allongée jusqu’à la gare Sud de France. Les parkings-relais et les zones à 30 km/h vont se multiplier. Et le développement des aménagements cyclables va continuer.

Une cycliste sur une piste cyclable, à Montpellier (illustration)
Une cycliste sur une piste cyclable, à Montpellier (illustration) - N. Bonzom / Maxele Presse

Et la voiture dans tout ça ? « J’imagine une métropole qui soit moins touchée par une pollution endémique, reprend Julie Frêche. Aujourd’hui, tous les voyants sont au rouge. Nous sommes l’une des métropoles les plus polluées de France. L’objectif, c’est de décarboner la mobilité. Il faut réduire la place de la voiture. Mais je ne mène pas une guerre contre la voiture. Je sais très bien que des habitants continueront à la prendre. »

La métropole travaille notamment à offrir plus de place aux moteurs verts, en étendant, pourquoi pas, le périmètre de la ZFE, la Zone à faible émission. « L’espace pour les voitures ne peut que diminuer en ville, et la réglementation ne peut que défavoriser les moteurs thermiques », note Marc le Tourneur. L’immense chantier des transports ouvert par la métropole a un objectif, note la collectivité : « changer la ville et la vie des gens ».