Maltraitance animale : La fin de l’élevage de visons repoussée à deux ans, souhaite le gouvernement

RETROPEDALAGE L’interdiction d’élever des visons devait prendre effet en 2023 mais le gouvernement a déposé un amendement pour reporter la date à 2025

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un vison en cage.
Illustration d'un vison en cage. — Vaclav Pancer/AP/SIPA

Comme le rapporte Capital, le gouvernement a déposé vendredi 22 janvier, un amendement à l’article 15 de la loi sur la lutte contre la maltraitance animale visant à repousser l’interdiction des élevages de visons en 2025. Cela, en dépit d’un premier amendement adopté mercredi 20 janvier par la commission des affaires économiques et prévoyant la fermeture de ces élevages dès 2023.

Le député Matthieu Orphelin, qui a dénoncé cette décision dans un tweet, a déclaré à nos confrères : « Personne ne comprend. C’est reculer pour ne pas sauter ». Bien que le ministère de la Transition Écologique ait expliqué que cette décision devait permettre aux éleveurs de s’organiser et de respecter la date de 2025 initialement annoncée, le rapporteur de la loi a indiqué qu’il « ne retarderait pas l’application de la mesure au-delà de 2023 ».

Des risques liés au Covid-19

Une volonté soutenue par L214, l’association de protection animale, qui dénonce des conditions d’élevage déplorables. « Les visons sont entassés dans des cages, alors qu’il s’agit d’animaux semi-aquatiques ». Des dires démentis par la Fédération française des métiers de la fourrure.

Autre argument avancé, les risques sanitaires. Fin 2020, il avait été constaté que les visons pouvaient être porteurs du Covid-19 et le transmettre à l’être humain. Les animaux d’élevage d’Eure-et-Loir avaient d’ailleurs dû être tués. Le Danemark, premier producteur mondial de peaux de visons, avait alors fait abattre dès novembre tous les animaux présents sur son territoire et en avait interdit l’élevage dès janvier 2022.

Loïc Dombreval, président du groupe d’étude parlementaire « Condition Animale », a indiqué qu’il fallait agir « en prévention et non en réaction ». L’amendement déposé par le gouvernement devait être examiné par l’Assemblée nationale ce vendredi.