Coronavirus à Rennes : La métropole va devoir emprunter pour rembourser le milliard d’euros de la ligne B

TRANSPORTS Les modes de transport ont été transformés par le Covid-19, et les réseaux urbains doivent s’adapter. A Rennes, le remboursement de la ligne B du métro va obliger la métropole à avoir recours à l’emprunt

Camille Allain
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La nouvelle rame de la future ligne B du métro de Rennes est à l'essai. Elle a été conçue par Siemens.
La nouvelle rame de la future ligne B du métro de Rennes est à l'essai. Elle a été conçue par Siemens. — C. Allain / 20 Minutes
  • Le Covid-19 a bouleversé nos vies, et nos modes de transports. Les nouvelles municipalités élues en juin souhaitent aussi repenser la circulation dans les centres-villes, ce qui ne sera pas sans conséquence pour les projets futurs des réseaux urbains.
  • A Rennes, la livraison du colossal chantier de la ligne B du métro a déjà été retardée. Elle devrait être opérationnelle en juin 2021.
  • Le retard pris dans le chantier ne devrait pas avoir d’impact sur son budget. Mais la métropole devra davantage emprunter pour rembourser son investissement de 1,3 milliard d’euros.

Elle devrait déjà être ouverte depuis quelques semaines. Plombée, comme tout le monde, par la crise sanitaire, la construction de la ligne B du métro de Rennes a pris du retard. Alors que les rames sont actuellement à l’essai, la perspective la plus optimiste laisse penser que la seconde ligne du réseau Star sera opérationnelle en juin. Ce retard aura-t-il des conséquences sur le coût de l’investissement de ce monstrueux chantier chiffré à 1,3 milliard d’euros ? A priori, non.

« Sur des projets aussi importants, il y a toujours une enveloppe dédiée aux aléas qui est budgétée. Aujourd’hui, on tient le budget, ce qui est assez remarquable », estime le vice-président dédié aux transports Matthieu Theurier. Des discussions ont par ailleurs été entamées avec les entreprises travaillent sur le chantier, qui espèrent obtenir une compensation des frais supplémentaires générés par l’épidémie de Covid-19.

Une trésorerie mise à mal

Si la question de l’investissement ne suscite pas pour l’heure d’inquiétude, c’est davantage le remboursement de ce milliard d’euros qui a poussé la métropole à réfléchir. Au-delà des deux confinements, le réseau Star géré par Keolis a vu sa fréquentation baisser dans la durée, pour s’établir à environ 65 % de son rendement habituel. Un coup dur pour la trésorerie de la métropole.

« Nous avons deux modes de financement. Le versement mobilité payé par les entreprises, qui nous rapporte normalement entre 110 et 120 millions d’euros par an, et les recettes liées aux abonnements et à la billetterie, qui rapportent 40 à 45 millions », poursuit l’élu écologiste. L’année 2020 n’ayant pas été « normale », la collectivité accuse un déficit de 12 millions d’euros. « La baisse des tarifs dans les transports pour les jeunes et la gratuité pour les moins de 12 ans vont également peser dans le budget 2021 », ajoute Marie Ducamin, maire de Saint-Jacques et vice-présidente déléguée aux finances.

« Nous n’avons pas d’autre choix »

Avec des recettes en berne, la collectivité n’aura pas d’autre choix que d’emprunter pour rembourser sa ligne B. « Notre capacité de désendettement était de quatre années. Elle va progressivement passer à sept voire huit années. Nous n’avons pas d’autre choix si nous ne voulons pas toucher aux impôts et maintenir nos investissements à l’avenir », prévient Matthieu Theurier.

Dans son malheur, Rennes Métropole se consolera en profitant de taux d’intérêt très bas, qui lui permettront de ne pas trop souffrir de ces emprunts, bien loin d’être toxiques. « La métropole a une très bonne santé financière et elle va la conserver », promettent ses responsables. « Mais il faudra que l’on retrouve nos recettes ». Qui peut prédire quelle sera la situation sanitaire cet été ? Et quel impact elle aura à long terme sur la fréquentation des transports en commun. Avant l’arrivée du coronavirus, la ligne A transportait environ 150.000 voyageurs par jour. La ligne B devait en attirer 110.000 de plus.