Toulouse : Le plan pour remettre de la mixité dans les collèges fonctionne-t-il ?

EDUCATION Quatre ans après la mise en place du plan mixité sociale dans les collèges de Haute-Garonne, des premiers effets positifs sur les niveaux scolaires des élèves des quartiers populaires se font ressentir

Béatrice Colin
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Illustration rentrée scolaire au collège et manuels.
Illustration rentrée scolaire au collège et manuels. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Il y a quatre ans le conseil départemental de Haute-Garonne lançait un plan pour améliorer la mixité sociale dans les collèges et mettre un terme à la ghettoïsation de deux d’entre eux.
  • Alors que la reconstruction des collèges du Mirail se poursuit à la lisière du quartier pour plus de mixité, près de 900 élèves de leur ressort sont scolarisés dans des établissements plus favorisés.
  • Selon l’Education nationale, le niveau scolaire de ses élèves s’est amélioré.

Du côté de l’avenue Eisenhower, à la lisière du Mirail, un bâtiment imposant commence à prendre forme. Ce futur collège devrait accueillir à la rentrée 2022 des élèves du quartier Saint-Simon, mais aussi de la Reynerie. Sa construction a été décidée il y a plus de quatre ans, lorsque le conseil départemental a mis en place un plan pour lutter contre le phénomène de ghettoïsation de certains établissements toulousains.

Pour améliorer la mixité sociale, la collectivité a décidé de fermer progressivement les collèges Raymond-Badiou et Bellefontaine et d’en reconstruire deux nouveaux en périphérie, avec une carte scolaire plus équilibrée. En attendant leur ouverture en 2022, près de 900 élèves de ces quartiers populaires ont déjà été scolarisés dans des collèges plus favorisés du centre-ville et de l’agglomération.

Niveau scolaire en hausse

« Favoriser la mixité, c’est un facteur de réussite pour les études mais aussi d’intégration républicaine », plaide Georges Méric, le président du conseil départemental de la Haute-Garonne qui a aussi mis en place des moyens financiers pour accompagner ce processus. Et selon un premier bilan dressé mercredi, cette intégration de jeunes issus des quartiers populaires à Pierre-de-Fermat ou au collège de Balma semble avoir des effets sur leur niveau scolaire.

« Alors qu’un élève sur 20 des collèges concernés avait plus de 12 de moyenne au brevet avant le plan mixité, ils sont désormais 5 sur 20 », a souligné Philippe Destable, directeur académique adjoint. Pour lui, ce dispositif a d’autres effets, notamment celui de la « persévérance » des élèves. Si plusieurs d’entre eux étaient en décrochage avant, il n’y en a plus aujourd’hui. Et certains ont même d’excellents résultats.

Avec l’ouverture de ces nouveaux collèges, dont dépendront les élèves du Mirail aujourd’hui en primaire, la question du maintien de la mixité sociale se pose aussi dans les collèges du centre-ville. « La volonté est de la garder là où elle a été introduite », plaide Georges Méric.

Un bonus-malus pour plus de mixité

Pour pousser ces établissements plus « favorisés » à continuer à accueillir des élèves dont les parents ont des revenus peu élevés, la collectivité a mis en place il y a plus de deux ans un système d’incitation financier. Jusqu’à présent, la part éducative qui permet de financer les projets pédagogiques est en moyenne de 54 euros par élève.

S’ils jouent le jeu de la mixité, cette dotation est bonifiée, si ce n’est pas le cas elle est réduite. L’an dernier, sur les 96 collèges publics du département, 60 ont eu un bonus, 35 ont eu le montant moyen maintenu et un établissement s’est vu attribuer un malus. Dans le privé, la tendance est inverse. Sur les 21 collèges, seul un a eu un bonus, six ont maintenu les 54 euros par élève et 14 ont eu un malus.