Une personne en fauteuil roulant (Illustration).
Une personne en fauteuil roulant (Illustration). — ALLILI Mourad/SIPA

ACCESSIBILITE

Handicap: L'Assemblée demande une vaste concertation pour améliorer l'accès aux grandes surfaces

La concertation doit définir une série de mesures sous 18 mois. Parmi celles pressenties, l’instauration d’une «heure de silence» dans les grandes surfaces afin d'en faciliter l'accès aux personnes autistes…

Passage en caisse facilité, rayons adaptés, bruit moins agressif... l'Assemblée nationale a demandé jeudi une vaste concertation entre professionnels et associations pour améliorer l'accès aux grandes surfaces des 12 millions de handicapés de France.

Une proposition de loi en ce sens de la députée MoDem Nadia Essayan a été largement adoptée en première lecture (85 voix pour et trois abstentions) dans le cadre d'une journée réservée à des textes émanant de la formation centriste.

Un rapport sous dix-huit mois

La concertation doit définir une série de mesures sous 18 mois, au terme desquels le gouvernement doit présenter au Parlement un rapport sur des mesures concrètes, assorti d'un calendrier de mise en oeuvre. La proposition de la députée du Cher concerne l'accessibilité des ensembles commerciaux, ainsi que des commerces de détail d'une surface de vente de plus de 1.000 m2.

Malgré les dispositions déjà existantes, près de la moitié des quelque 1,8 à 2 millions d'établissements recevant du public (ERP) de France ne disposent pas encore d'une accessibilité adaptée, a relevé Annaïg Le Meur (LREM).

La secrétaire d'Etat aux Handicapés Sophie Cluzel a salué une «formidable occasion» de «poursuivre les chantiers sur toutes les dimensions de l'accessibilité universelle».

 « Une heure de silence » pour faciliter l’accès aux personnes autistes ?

Le texte ne mentionne aucune mesure en particulier, mais Sophie Cluzel a évoqué des pistes: réduire l'attente aux caisses, faciliter la présence des chiens d'accompagnement, l'assistance dans les rayons, entre autres.

Le texte avait à l'origine une ambition très ciblée: instaurer une «heure de silence» dans les grandes surfaces afin d'en faciliter l'accès aux personnes autistes, qui peuvent être perturbées par un bruit ambiant élevé et des lumières agressives.

Devant l'intérêt soulevé par cette initiative, il a été décidé de «donner une ambition nouvelle» à la proposition de loi initiale en l'étendant à toutes les formes d'accessibilité pour toutes les personnes en situation de handicap -physique, mental, sensoriel, neurologique etc.- , a indiqué Nadia Essayan.

L'idée de généraliser ce moment de tranquillité pour aider les autistes à accéder aux grandes surfaces est en bonne voie après des expérimentations réussies dans des magasins Super U, et pourra faire partie de la future concertation, a-t-elle souligné.

Un texte qui reste « un peu au milieu du gué » ?

Certains députés d'opposition auraient préféré que le texte soit plus contraignant, afin de ne pas rester à l'état de «voeux pieux». Le communiste Sébastien Jumel a ainsi «regretté que nous soyons restés un peu au milieu du gué». L'ancienne ministre du Logement Sylvia Pinel (Libertés et Territoires) a déploré que le texte se limite à «appeler à une concertation».

Plus critique, le groupe de la France insoumise (LFI) a appelé à l'abstention, Adrien Quatennens fustigeant un «manque d'ambition terrifiant». Le texte doit désormais passer devant le Sénat.