Coronavirus à Strasbourg : Les projets transport des écolos ne connaissent pas la crise (sanitaire)

TRANSPORTS Les modes de transport ont été transformés par le Covid-19, et les réseaux urbains doivent s’adapter. Pour la nouvelle équipe écologiste de l’agglomération strasbourgeoise, les investissements doivent avant tout répondre à l’urgence climatique

Gilles Varela

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Tram sur l’extension de la ligne F. Strasbourg le 27 08 2020.
Tram sur l’extension de la ligne F. Strasbourg le 27 08 2020. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le Covid-19 a bouleversé nos vies, et nos modes de transports. Les nouvelles municipalités élues en juin souhaitent aussi repenser la circulation dans les centres-villes, ce qui ne sera pas sans conséquence pour les projets futurs des réseaux urbains.
  • A Strasbourg, cela passe par des investissements massifs, car les mobilités sont le cœur de la politique du mandat à venir de l’équipe écologiste.
  • Elle peut s’appuyer sur un maillage déjà important du réseau et de nombreux abonnements qui ont permis de ne pas accuser trop longtemps la chute du trafic lors des confinements.

C’est finalement lui, le véritable régulateur de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Le Covid-19 cadence depuis un an le trafic passager des tramways et bus de l’agglo, sans toutefois réussir à le paralyser. Même si le confinement du printemps causait une perte de son trafic passager de 35 %, le réseau garde de bonnes perspectives de retour à la normale. Le réseau faisait en effet une remontada spectaculaire pour atteindre, dès le mois de mai, 85 % à 90 % de la normale.

Un résultat très encourageant, en partie expliqué par un maillage fourni du réseau existant mais aussi à ses « 146.000 abonnés, soit 30 % de la population de l’agglomération », explique Alain Jund, vice-président de la CTS et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg. Un réseau qui peut habituellement compter sur 470.000 voyages jour. Un retour rapide des abonnés mais aussi des mesures de gratuité les dimanches de décembre et les week-ends de septembre pour aider les commerçants du centre-ville.

Si les pertes financières enregistrées en 2020 tournent cependant autour des 23 à 25 millions d’euros, pour un budget habituellement avoisinant les 130 millions d’euros, les investissements sont plus que jamais à l’ordre du jour. Ils « changent même d’échelle, assure Alain Jund. Nous allons fortement développer le rythme des investissements, soit 230 millions d’euros sur les cinq prochaines années rien que pour les trois nouvelles lignes ou extension de tram et une nouvelle ligne de bus à haut niveau de service [BHNS] ».

Tenir le cap

Les écologistes, nouvellement aux manettes, à la fois de la ville mais aussi de l’Eurométropole, ont les coudées franches et comptent bien mettre le paquet sur les transports en commun et l’incitation aux modes de mobilité douces. « Répondre à l’urgence sanitaire ne va pas sans répondre à l’urgence climatique », poursuit l’élu. Et la perspective de la mise en place de ZFE (zone à faibles émissions) dès 2025 renforce cette nécessité de tenir le cap pour proposer de véritables alternatives à la voiture.

Extension de ligne de tram ou nouvelles lignes, achat de 49 bus électriques, de navettes électriques pour le transport à la demande qui sera étendu dès mars à l’ensemble de l’agglomération, pôle d’échanges multimodal, gratuité annoncée pour les moins de 18 ans… A cela s’ajoutent 100 millions d’euros sur le mandat pour l’aménagement de nouvelles pistes cyclables et travaux de voiries « pour réduire les discontinuités et sécuriser les déplacements », ajoute la collectivité. Primes à l’achat pour les vélos électriques pouvant aller jusqu’à 500 euros pour tous les habitants des 33 communes de l’Eurométrople.

Du sur-mesure visant essentiellement à mettre en selles les habitants de la première et de la seconde couronne de l’agglomération. Une politique des mobilités de la nouvelle municipalité qui assure investir pour répondre à l’urgence climatique, « changer d’ère pour changer d’air ».