Coronavirus : La question du confinement au menu du conseil de défense ce mercredi

CHOIX Pour trancher sur les nouvelles mesures sanitaires, le gouvernement semble vouloir attendre d’examiner vendredi l’impact du couvre-feu et la progression des variants du virus

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron, à l'Elysée le 26 janvier 2021.
Emmanuel Macron, à l'Elysée le 26 janvier 2021. — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

La France va-t-elle connaître un troisième confinement ? Le énième conseil de défense Covid-19 qui se tient ce mercredi à l’Elysée devra principalement réfléchir à cette question. Il ne devrait cependant pas déboucher sur une annonce, le gouvernement se laissant quelques jours pour trancher sur de nouvelles restrictions acceptables pour les Français.

« Le couvre-feu est-il suffisant ou pas ? C’est la question que l’on se pose », résume un conseiller de l’exécutif. Pour y répondre, le gouvernement attend de pouvoir examiner les résultats de deux études d’impact : l’une sur le couvre-feu à 18 heures, l’autre sur la progression des variants du virus, dont les données complètes sont attendues vendredi.

« Une période ambiguë »

Les prochains jours seront donc « décisifs », a prévenu une source gouvernementale. Car « à ce stade », il n’y a « pas de raison » de décider un confinement, a indiqué mardi la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher. La France « reste dans une période ambiguë où la situation sanitaire se dégrade mais pas de manière exponentielle », résume pour sa part un cadre de la majorité.

En témoigne l’évolution des données quotidiennes de l’épidémie : le nombre de patients hospitalisés a continué d’augmenter mardi, à 27.005, dont 2.006 malades arrivés au cours des précédentes 24 heures. 3.071 se trouvaient dans les services de réanimation contre 2.829 une semaine plus tôt, selon Santé publique France. Par ailleurs, 352 décès supplémentaires ont été répertoriés à l’hôpital au cours des dernières 24 heures, portant le nombre total de morts causées par l’épidémie à 74.106 en France.

Le variant anglais, particulièrement contagieux, a représenté 9,4 % des cas dépistés en Ile-de-France entre le 11 et le 21 janvier, selon des médecins de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), pour qui sa progression augure d’une prochaine hausse « très significative » du nombre de malades. Pour tenter de limiter sa propagation, le conseil de défense pourrait examiner de nouvelles restrictions pour les déplacements internationaux. Le gouvernement se penchera aussi sur les « clauses de revoyure » fixées à la fin du mois, comme celle sur les stations de ski, Jean Castex devant recevoir les élus et professionnels de la montagne lundi prochain.

Ne pas « jouer avec les nerfs » des Français

En attendant, le gouvernement ne cherche pas à « jouer avec les nerfs » des Français, a assuré mardi Christophe Castaner, patron des députés LREM, alors que « nous voyons bien qu’ils ont de plus en plus de mal avec les mesures contraignantes ». L’acceptabilité des mesures est devenue une question centrale pour de nombreux responsables politiques, préoccupés par les émeutes qui se sont produites aux Pays-Bas depuis l’entrée en vigueur d’un « simple » couvre-feu samedi.