Vaccination : AstraZeneca livrera seulement 4,6 millions de doses à la France d’ici fin mars (Illustration)
Vaccination : AstraZeneca livrera seulement 4,6 millions de doses à la France d’ici fin mars (Illustration) — David Talukdar//SIPA

PANDEMIE

Vaccination : AstraZeneca livrera seulement 4,6 millions de doses à la France d’ici fin mars

Soit un approvisionnement en vaccin anti-Covid réduit de moitié jusqu'au printemps

Un retard de livraison avait été annoncé. AstraZeneca livrera à la France 4,6 millions de doses de son vaccin contre le coronavirus d’ici fin mars, soit moitié moins qu’attendu, a indiqué mardi le ministère de la Santé.

Déjà, les « problèmes dans les essais cliniques » d’AstraZeneca à l’automne avaient conduit à réviser les prévisions en forte baisse, rappelle le ministère : au lieu des 17,5 millions de doses de décembre à mars prévues par le contrat initial, Paris n’en attendait plus que 9 millions en février et mars.

Autorisation du vaccin à venir

Si l’autorisation de l’Agence européenne du médicament est toujours espérée fin janvier – vendredi sauf nouveau rebondissement – la « baisse de rendement » dans une usine du groupe pharmaceutique va donc de nouveau réduire ce chiffre de moitié.

« C’est une grande déception », a déclaré le ministère de la Santé, qui ajoute que le gouvernement « traitera avec l’Union européenne pour demander des explications à AstraZeneca ». A Bruxelles, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé lundi le patron du laboratoire britannique, afin qu’il « honore les contrats et conditions prévus dans l’accord de précommande ».

AstraZeneca ne prend « pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs »

« Tout l’objet de (ces) contrats était de financer en amont le démarrage de la production », rappelle le ministère français, qui considère que « l’entreprise aurait dû démarrer la production dès qu’elle le pouvait » et « mettre en stock des vaccins pour commencer à nous les livrer une fois (l’autorisation) reçue ».

Le laboratoire pharmaceutique britannique mis en cause ne prend « certainement pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs avec profit », a défendu son PDG Pascal Soriot. « Cela n’aurait aucun sens », a affirmé le dirigeant français dans une interview publiée mardi sur le site du quotidien Le Figaro, rappelant que le laboratoire, partenaire avec l’université d’Oxford, s’est engagé à ne pas réaliser de profits sur la vente de vaccins durant la pandémie.

Le patron d'AstraZeneca affirme par ailleurs que le laboratoire travaille "avec l'université d'Oxford sur un vaccin qui ciblera" le variant sud-africain du Covid-19.