Coronavirus à Roubaix : Variant anglais, efficacité des tests antigéniques… La campagne de dépistage du Covid n’a pas livré tous ses secrets

SANTE Dix jours après l’opération de tests massifs à Roubaix, on attend toujours les statistiques sur l’implantation du variant anglais et l’efficacité comparative des tests PCR et antigéniques

Gilles Durand

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Préparation d'un test salivaire, lors de l'opération de dépistage massive, à Roubaix, le 11 janvier 2021.
Préparation d'un test salivaire, lors de l'opération de dépistage massive, à Roubaix, le 11 janvier 2021. — G. Durand / 20 Minutes

Mise à jour le 12 février : Un mois après l’opération de dépistage, l’Agence régionale de santé a dévoilé le nombre de cas de variants britanniques identifiés : 5 sur les 106 tests PCR positifs dénombrés lors de cette opération de dépistage. Aucun cas du variant sud-africain n’a été détecté. On apprend aussi, par la même occasion, que le nombre de tests antigéniques positifs étaient très différents de celui des PCR : 66 contre 106.

L’ensemble des personnes testées positives ont pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé et adapté à la situation de chacun.

Les tests antigéniques sont-ils fiables ? Le variant britannique a-t-il fortement pénétré dans le Nord ? Autant de questions auxquelles la récente campagne de dépistage massif du Covid-19, opérée à Roubaix entre le 11 et le 16 janvier, doit répondre. Mais dix jours après la fin de l’opération, aucun résultat n’a filtré.

Seule certitude, « des soupçons de variant anglais ont été détectés parmi les 66 cas positifs », note le CHU de Lille, chargé d’effectuer un préséquençage des souches virales avec ses instruments d’analyse. « Depuis que ce variant du coronavirus a été signalé, nous vérifions son éventuelle présence pour chaque cas positif », assure le centre hospitalier.

Mais c’est le génopole du commissariat de l’énergie atomique d’Evry qui réalise le véritable séquençage. Et le travail prend du temps. Contactée, l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France assure attendre aussi les résultats.

La fiabilité des tests antigéniques pose question

Idem sur l’étude comparative menée sur l’efficacité des tests antigéniques par rapport au PCR. Dans un premier élan, l’ARS avait publié le nombre de personnes testées positives à Roubaix au regard des tests antigéniques : 66 pour 5.304 testées. Ces chiffres avaient permis d’établir une estimation du taux d’incidence à 1,24 % dans la population roubaisienne.

Sauf que la fiabilité des tests antigéniques reste sujette à caution. C’est pourquoi les autorités sanitaires avaient mis en place un dispositif permettant de faire une comparaison assez simple avec les tests PCR. Le dépistage était effectué avec deux tests réalisés par le même soignant pour éviter les erreurs de prélèvement : un dans chaque narine. Les résultats du test antigénique étaient connus dans le quart d’heure, ceux du second, douze heures plus tard.


« On va enfin savoir quelle est la véritable efficacité des tests antigéniques puisqu’il y a une polémique sur le sujet », se réjouissait le chercheur lillois Philippe Froguel, avant le lancement de la campagne. Las, dix jours après la fin de cette opération, aucune nouvelle de l’analyse comparative. Et l’ARS joue la montre. Mais où est donc passée la calculatrice ?

Retard fâcheux

Ce retard est pourtant fâcheux car l’étude présente de réels enjeux de santé publique. Soit les tests antigéniques sont aussi fiables que les PCR et la rapidité de la réponse pourrait plaider en faveur de leur développement au détriment des PCR. Soit leur manque de fiabilité est confirmée et l’intérêt du test antigénique pourrait être définitivement remis en cause. « La majorité des pays utilisent les deux », note un laboratoire en guise de réponse.

Toujours est-il qu’il était question de renouveler une opération de dépistage massif similaire dans la métropole lilloise pour comparer, cette fois, l’efficacité des tests salivaires par rapport aux PCR. Et selon la même méthode. « Les tests salivaires étant mieux acceptés par la population, ils permettraient de développer la politique de testing », assure Philippe Froguel.