Coronavirus : Les masques FFP2 made in Occitanie ont (de plus en plus) le vent en poupe

EPIDEMIE Une entreprise installée dans la banlieue toulousaine a vu décoller ses ventes de masques FFP2 depuis quelques jours et la nouvelle défiance envers les masques en tissu «maison»

Béatrice Colin

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La revanche des masques FFP2 made in France — 20 Minutes
  • L’entreprise Paul-Boyé Technologies, installée dans la banlieue toulousaine, a relancé sa production de masques il y a un an avec l’épidémie de coronavirus.
  • Aujourd’hui, 600.000 masques chirurgicaux ou FFP2 sortent chaque jour de ses dix lignes de production.
  • Avec la nouvelle défiance suscitée par les masques artisanaux, entre autres, la vente aux particuliers s’est envolée au cours des derniers jours sur son site de vente en ligne.

Il y a un an à peine, la fabrication de masques FFP2 et masques chirurgicaux tournait au ralenti au sein de l'usine Paul-Boyé de Labarthe-sur-Lèze, au sud de Toulouse. Seules deux lignes de production étaient actives, la France ayant depuis 2015 privilégié l’importation de masques chinois plutôt que de les commander aux entreprises françaises spécialisées dans les équipements de sécurité. Alors qu’au cours de la décennie précédente, 350 millions de FFP2 étaient sortis de l’usine haut-garonnaise.

« Quand la crise a démarré, dès fin janvier 2020, on nous a alertés sur le besoin de masques. Nous avons alors remis en route nos lignes de masques FFP2 et nous avons remonté celles que nous avions stockées depuis des années dans un garage », se souvient Jacques Boyé, le petit-fils de Paul Boyé, un tailleur qui fonda l’entreprise en 1904. Elle produit aujourd’hui aussi bien les tenues des militaires français que celles de la Garde nationale.

Des masques en diamant, pas en bec de canard

Pour faire face à la folle demande en masques au plus fort de la crise, la société a acheté une nouvelle ligne pour compléter son offre et a embauché 100 personnes pour s’en occuper jusqu’à 24h/24 au pic de l’activité. Pour les faire fonctionner, elle a même tenté de puiser dans le vivier des agents de maintenance du secteur aéronautique toulousain, à la peine avec la baisse du trafic aérien.

Aujourd’hui, le site de Labarthe-sur-Lèze possède dix lignes sur lesquelles sont produits chaque jour 600.000 masques FFP2, en forme de diamant – et non de bec de canard – ainsi que des masques chirurgicaux. « On a investi dans un bâtiment et il a fallu pousser les murs », se souvient le Pdg. Depuis mars, sa société a sorti 60 millions de masques, dont 35 millions de FFP2, écoulés sur le marché français.

Regain d'intérêt des particuliers

L’Etat, à travers Santé publique France, lui a passé une commande de 60 millions de masques à fournir sur un an. Jacques Boyé ne cache pas qu’il aurait aimé que les pouvoirs publics s’engagent sur plusieurs années, ce qui lui aurait permis d’investir dans la production de la matière première et de maîtriser sa chaîne de production de A à Z en Occitanie. Aujourd’hui, son carnet de commandes est plein pour six mois.

En attendant, depuis une bonne semaine, il peut compter sur les particuliers pour faire tourner ses machines. La défiance envers les masques « maison », en tissu, et l’annonce du gouvernement allemand rendant obligatoires les FFP2 dans les transports en commun ont eu un impact sur les ventes du site Internet. « En 48 heures, les commandes en ligne ont été multipliées par dix. Nous enregistrons de 3.000 à 5.000 commandes de boîtes de 50 masques par jour », se félicite le chef d’entreprise.

Investie dans la recherche et le développement, la société familiale a décidé de se lancer dans la création d’un masque FFP2 biocide. Aujourd’hui, les tests sont en cours de finalisation et il devrait être commercialisé dans le courant du premier semestre 2021.