Montauban : Ils ont fait travailler illégalement 250 travailleurs agricoles marocains, une filière démantelée

AGRICULTURE Cinq personnes ont été interpellées à Montauban la semaine dernière dans le cadre d’un vaste réseau de travailleurs agricoles saisonniers illégal

20 Minutes avec AFP

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Un travailleur agricole lors du ramassage du muguet.
Un travailleur agricole lors du ramassage du muguet. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA
  • Cinq personnes résidant à Montauban viennent d’être mises en examen dans le cadre d’un réseau de travailleurs saisonniers illégaux.
  • Elles sont soupçonnées d’avoir créé plusieurs sociétés pour faire travailleurs des ouvriers d’origine marocaine en toute illégalité dans le ramassage des fruits ou le travail de la vigne.

Ces habitants de Montauban sont soupçonnés d’avoir fait travailler près de 250 personnes, exclusivement des ressortissants marocains, en toute illégalité. Cinq personnes viennent d’être mises en examen, dont une placée en détention provisoire, dans le cadre d’une filière de saisonniers marocains travaillant dans des exploitations agricoles de toute la France.

Les personnes poursuivies sont des Français d’origine marocaine et des Marocains selon la police aux frontières de la Haute-Garonne, en charge de cette affaire avec le Groupe interministériel de recherches. Au cours des deux ans d’activité de leurs sociétés, elles ont généré un chiffre d’affaires d’1,6 million d’euros mais, sur les livres de comptes officiels, aucune rentrée d’argent n’apparaissait.

Ces dernières étaient prestataires de mains d’œuvre agricole, notamment dans le ramassage de fruits ou la taille de la vigne, mais ne déclaraient pas leurs activités. Plusieurs dizaines « d’employés » sont entrés illégalement en France ou s’y trouvaient déjà mais en situation irrégulière. Ces saisonniers agricoles étaient employés sous différentes identités dans plusieurs exploitations.

Plusieurs sociétés créées

Le 19 janvier, lors de leurs interpellations dans le Tarn-et-Garonne, 23.000 euros en liquide ont été saisis, ainsi que 30.000 euros sur des comptes bancaires et des véhicules. Pour éviter d’attirer l’attention, les cinq personnes mises en examen avaient créé plusieurs sociétés dans différents départements, gérées depuis Montauban.

« Les exploitants avaient l’impression de faire appel à une société classique car ils avaient des documents qui donnaient l’apparence de la légalité. Ils y allaient les yeux fermés et payaient les sociétés prestataires », a expliqué un responsable de la police aux frontières.

L’information judiciaire a été ouverte en juin dernier pour aide à séjour irrégulier en bande organisée, travail dissimulé et emploi d’étrangers sans titre en bande organisée, faux et usage de faux ainsi que blanchiment aggravé.