Coronavirus à Lyon : Malgré la crise, le plan d’investissements dans les transports est doublé

TRANSPORTS Les modes de transport ont été transformés par le Covid-19, et les réseaux urbains doivent s’adapter. Malgré une baisse de la fréquentation et d’importantes pertes de recettes, le Sytral prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros pour mailler au mieux l’agglomération lyonnaise

Caroline Girardon
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Malgré la crise, le Sytral de Lyon a prévu d'investir 2,5 milliards d'euros dans les transports en commun d'ici la fin de l'année 2026.
Malgré la crise, le Sytral de Lyon a prévu d'investir 2,5 milliards d'euros dans les transports en commun d'ici la fin de l'année 2026. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Le Covid-19 a bouleversé nos vies, et nos modes de transports. Les nouvelles municipalités élues en juin souhaitent aussi repenser la circulation dans les centres-villes, ce qui ne sera pas sans conséquence pour les projets futurs des réseaux urbains.
  • A Lyon, le Sytral, piloté par l’écologiste Bruno Bernard, a adopté un plan d’investissements de 2,5 milliards d’euros dans les transports en commun pour les 5 prochaines années. Soit le double du mandat précédent.
  • Pas de nouveau métro, la priorité sera donnée au tramway. Une télécabine sera également construite sur les hauteurs de l’ouest lyonnais.

La crise sanitaire mondiale aura fait des dégâts. Paralysé pendant deux mois au printemps, le réseau des transports en commun lyonnais peine encore à retrouver son rythme de croisière même si la fréquentation s’élève actuellement à 65 % de son niveau habituel. Pour un retour à la normale, équivalent à celui de 2019, il faudra attendre 2023, selon les estimations du Sytral et sous réserve que la crise ne perdure pas.

Les pertes, enregistrées par le gestionnaire du réseau lyonnais, sont estimées à 165 millions d’euros pour la seule année 2020. Elles pourraient même s’élever jusqu’à 800 millions d’euros d’ici 2029. Ce qui n’a toutefois pas empêché l’organisme de maintenir les investissements à un niveau élevé. Lors de la campagne des élections municipales et métropolitaines, les écologistes avaient promis de doubler le budget consacré aux transports en commun. Ils assurent qu’ils tiendront parole.

Le 17 décembre, le Sytral, présidé par Bruno Bernard, a adopté un plan de 2,55 milliards d’euros pour les cinq prochaines années. Un montant deux fois plus élevé que lors du mandat précédent. A travers cet « investissement sans précédent », les écologistes souhaitent « répondre à l’urgence climatique » en proposant une « alternative solide, crédible et efficace » à la voiture individuelle.

Une réflexion sur le métro mais pas de nouvelles lignes dans les 5 ans

Pour des raisons économiques, les projets de métro, dont les réalisations sont jugées trop coûteuses, sont remis au placard. Aucune ligne ne sera construite lors des cinq prochaines années. A l’exception de l’extension de la ligne B jusqu’à Saint-Genis-Laval, qui a été entérinée sous l’ère Collomb et qui devrait être mise en service à la fin de l’année 2023. Bruno Bernard n’a jamais caché que le métro n’était pas sa priorité. Au-delà de son coût, ce mode de transport favoriserait, selon lui, l' « étalement urbain ». Un modèle dont il ne veut plus mais avec lequel il faudra toutefois composer compte tenu de la hausse galopante des prix de l’immobilier à Lyon intra-muros.

Une consultation citoyenne sera cependant engagée à l’automne 2021 afin de sonder les habitants sur quatre projets de métro : l’extension de la ligne A vers Meyzieu, celle de la ligne B vers Rillieux-la-Pape, celle de la D vers le quartier de la Duchère et la réalisation d’une nouvelle ligne E qui desservirait l’Ouest lyonnais en reliant la Part-Dieu à Craponne. A l’issue, le Sytral devrait choisir le projet qui obtient le plus d’adhésions afin d’éventuellement le lancer après 2026.

La télécabine pour doter Lyon d’une nouvelle identité visuelle

En attendant, la nouvelle majorité du Sytral mise essentiellement sur le tramway en investissant le paquet : 875 millions d’euros. Quatre nouvelles lignes sont prévues à l’horizon 2026 pour « réduire les inégalités territoriales » et desservir au mieux les quartiers « prioritaires » comme celui de l’Arsenal à Saint-Fons, Saint-Jean à Villeurbanne ou encore le Mas-du-Taureau à Vaulx-en-Velin ainsi qu’une partie de Vénissieux.

La réelle nouveauté sera du côté des airs. Les écologistes ont déjà acté la réalisation d’une ligne de télécabine qui doterait Lyon d’une nouvelle identité visuelle et qui permettrait à Bruno Bernard d’apposer sa signature. Le projet, qui vise à desservir l’ouest lyonnais, peu irrigué en transports en commun, est évalué à 160 millions d’euros. Mais cette idée divise profondément les élus des communes concernées. Une concertation sera engagée au cours de l’année pour déterminer quel tracé semble le plus pertinent entre Francheville et Gerland ou Francheville et Confluence. Sa mise en service est annoncée pour la fin de l’année 2025 avec une fréquentation attendue de 20 à 25.000 voyageurs par jour.

D’autres projets de liaison par câble sont également étudiés d’ici la fin de mandat : une ligne aérienne entre Rillieux-la-Pape et le Grand Large et une autre entre Caluire et la gare de Vaise à Lyon. Mais là encore, leur réalisation ne sera pas lancée avant 2027.