Paris : Des sans-abri squattent une école du 16e avant d'être hébergés dans un gymnase

PRECARITE Avec l’aide d’associations, 300 migrants en errance dans la capitale et des sans-abris ont squatté ce dimanche une école maternelle abandonnée du 16e arrondissement

20 Minutes avec AFP

— 

Plusieurs personnes ont occupé la place de la République ce 23 novembre 2020
Plusieurs personnes ont occupé la place de la République ce 23 novembre 2020 — MICHEL SETBOUN/SIPA

Entre 200 et 300 personnes, principalement des réfugiés afghans et des sans-abri, ont investi ce dimanche une école maternelle du 16e arrondissement de Paris laissée à l’abandon depuis plusieurs années. Avec l’aide des associations Utopia56, Solidarité migrants Wilson, Droit au logement (DAL) et CSP75 (Coordination des sans-papiers de Paris), les personnes sont arrivées en début d’après-midi pour prendre position des lieux pour échapper au froid, à la pandémie et aux « violences policières ». Et ce, deux mois après l'évacuation musclée de la place de République. 

« L’objectif, ce n’est pas de rester là, c’est d’obtenir un abri pour ces personnes restées sur le carreau », explique Yann Manzi, fondateur d’Utopia56, rappelant que l’établissement fait partie des 489 lieux signalés comme libres à l’Etat pour une mise à l’abri, dans le cadre du « collectif réquisition » monté par les quatre associations. Cette école abandonnée est en effet actuellement au milieu d’un bras de fer politique et donc vide.

Des gymnases mis à disposition

« Ça fait quatre jours que, dehors, la police me déchire la tente et ne me laisse dormir nulle part. Donc j’espère que ça va faire changer les choses et que je vais pouvoir dormir au chaud », explique Abbas Asghari, 25 ans, arrivé il y a un mois en France pour demander l’asile.

Dans l’après-midi, la mairie de Paris a mis à disposition de ces exilés deux gymnases « dès ce soir », car l’école n’est « pas chauffée, pas sécurisée ». « Il n’en reste pas moins que l’hébergement des réfugiés est une compétence de l’Etat et il faudra donc que ses services prennent le relais et proposent des solutions durables à ces personnes », a insisté sur place Ian Brossat, adjoint de la maire de Paris en charge des questions migratoires et de l’hébergement d’urgence.

Si Utopia56 se félicite d’une possible sortie de crise rapide, l’association prévient qu’elle sera attentive à ce que cette solution « ne soit pas suivie de remise à la rue ». Dimanche soir, des bus ont été affrétés pour venir chercher les réfugiés et les diriger vers un gymnase.