Mayotte : En trois jours, trois personnes tuées et des habitations détruites

VIOLENCES Les élus alertent sur ce « nouveau choc pour la population de l’île qui est durement éprouvée par une augmentation sans précédent de l’insécurité et des violences »

20 Minutes avec AFP

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Des forces de police à Mayotte (illustration).
Des forces de police à Mayotte (illustration). — DUPUY FLORENT

Les violences récurrentes à Mayotte ne semblent pas se calmer. Trois personnes ont été tuées depuis vendredi dans le département, et plusieurs habitations ont été détruites lors d’incidents qui ont réveillé les inquiétudes des habitants, excédés par l’insécurité.

« Trois personnes ont été assassinées à l’arme blanche en trois jours à Mayotte, dont deux adolescents de 15 et 14 ans. C’est un nouveau choc pour la population de l’île qui est durement éprouvée par une augmentation sans précédent de l’insécurité et des violences qui frappent aveuglément toutes les catégories de personnes depuis 2 ans », ont alerté dimanche dans un communiqué les quatre parlementaires de Mayotte, le président du conseil départemental et le président de l’association des maires et maire de Pamandzi, Madi Madi Souf.

Pour l’instant, les enquêteurs n’ont toutefois établi aucun lien entre les trois meurtres et les violences. « La section de recherche de la gendarmerie de Pamandzi a engagé des moyens très importants pour rechercher les auteurs de ces différents meurtres ou assassinats », a déclaré le procureur de la République Yann Le Bris. Aucune interpellation n’a été réalisée pour ces meurtres, mais le procureur de la République a annoncé qu’un homme était en détention provisoire pour une tentative de meurtre réalisée en début de semaine.

Manifestation devant la résidence du préfet

Les habitants des quartiers où ont eu lieu les violences ainsi que le maire de Dzaoudzi-Labattoir, Saïd Omar Oili, estiment qu’elles sont le fait de règlements de compte entre personnes originaires d’Anjouan, île voisine de l’Union des Comores. Le collectif de Petite Terre qui se bat pour rétablir la sécurité est allé manifester devant la résidence du préfet de Mayotte à Dzaoudzi dimanche afin de lui demander des réponses à cette violence.

La directrice de cabinet Laurence Carval a promis des renforts de forces de l’ordre pour les jours à venir. Une promesse insuffisante pour le collectif qui a rappelé que trois de ses membres ont fait de la détention provisoire, soupçonnés d’avoir tué un présumé délinquant. Les associations des parents d’élèves du lycée et des collèges de Petite Terre ont pour leur part appelé à une « journée morte » lundi dans les établissements, pour dire leur « sentiment d’abandon face à cette poussée de violence extrême » ayant des répercussions sur les enfants.